
VENISE (Italie), 10 nov 2007 (AFP) - Les programmes antidrogue peinent à se mettre en place en Europe de l'Est, souffrant notamment d'un manque de fonds, de données fiables et de volonté politique, ont déploré à Venise les participants d'une conférence internationale.
"Nous sommes encore au balbutiement d'une politique antidrogue particulièrement en matière de réduction des risques et avons besoin d'appuis internationaux qui font souvent défaut", a souligné Pavel Abraham, président de l'agence antidrogue roumaine, lors de la rencontre Démocratie, Villes et drogues, qui s'est achevée samedi matin.
"Les décideurs européens laissent les pays de l'Est dans les zones d'ombre de la politique antidrogue, ce qui pourrait avoir un effet boomerang dont l'Ouest ne soupçonne pas la force", renchérit Kamil Kalina, coordinateur national pour les problèmes de drogue en République tchèque.
Ce pays compte, selon les chiffres officiels, 30.000 usagers de drogues dits "problématiques", dont 20.000 consommateurs de méthamphétamine, une particularité tchèque et 10.000 d'opiacés dont 80 à 90% par injection, avec de fortes disparités régionales.
"Les pays de l'Est, qu'ils soient membres de l'UE ou non, sont très désorientés concernant les politiques anti-rogue, soit ils se voilent la face, soit ils manquent cruellement d'expérience, de fonds, de volonté politique et de partenariats pour mener à bien des projets de réduction des risques", résume Jiri Richter, président de l'association tchèque Sananim, qui a "appelé à l'aide" les représentants de villes de l'ouest présents à la conférence.
Pour Peter Sarosi, de l'Union hongroise pour les libertés civiques, qui fait partie d'un réseau d'associations d'Europe orientale, "il n'y a en particulier pas de réponse suffisante à la menace du VIH et des hépathites B et C".
Les associations doivent également travailler dans un contexte souvent "très répressif", souligne-t-il avec des sanctions pénales très dures pour simple possession de drogue pour usage personnel, comme en Bulgarie où la loi ne fait pas la distinction entre consommateur et dealer.
A ce contexte politique actuel viennent s'ajouter des dimensions culturelles propres, souligne le Dr Patrick Beauverie, pharmacologue, responsable d'une mission de Médecins du Monde (MDM) en Serbie.
Il cite notamment dans ce pays où cannabis et drogues de synthèse se propagent, une "confusion chez certains bénéficiaires entre les approches communautaires et le communisme", ainsi qu'une "négation" de la consommation de drogue par la personne concernée et son entourage.
MDM travaille en partenariat avec des ONG locales comme Duga en Bosnie-Herzégovine, Vita Kosova au Kosovo ou Veza en Serbie. Mais là encore "il faut bien observer", souligne le Dr Beauverie. "Certaines pseudo-associations sont des émanations directes de partis politiques et/ou de simples pompes d'argent public qui disparaissent lorsque le financement d'un projet se tarit".
Pourtant selon lui "la politique de réduction des risques à l'Est ne doit pas venir de la technostructure européenne mais doit être élaborée à partir de la société civile et des expériences de terrain".
Les donateurs internationaux "se contentent actuellement de mettre en place des programmes standardisés, d'imposer des lois prohibitionnistes sans aucune flexibilité", déplore le Dr Beauverie, "alors qu'il faudrait mettre en place d'urgence à l'Est des politiques de réduction des risques souples, inventives et durables".
071110
AF071127_FR
© Agence France-Presse 2007. Tous droits de reproduction et de représentations réservés. Toutes les informations, textes, photos, graphiques reproduites sur ce site ainsi que le logo de l'AFP sont protégés par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'Agence France-Presse. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. http://www.afp.com/
AEGiS is a 501(c)3, not-for-profit, tax-exempt, educational corporation. AEGiS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, Bridgestone/Firestone Charitable Trust, Bristol-Myers Squibb Company, Elton John AIDS Foundation, John M. Lloyd Foundation, the National Library of Medicine, Roche and Trimeris, and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 2007. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.
AEGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All information contained on this website, including information relating to health conditions, products, and treatments, is for informational purposes only. It is not meant to be a substitute for the advice provided by your own physician or other medical professionals. Always discuss treatment options with a doctor who specializes in treating HIV.
Copyright ©1980, 2007. AEGiS. All materials appearing on AEGiS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of AEGiS, or the party credited as the provider of the content.