
PARIS, 29 nov 2006 (AFP) - L'Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) a lancé mercredi un nouvel appel à volontaires pour participer à de futurs essais de vaccin préventif contre le VIH, dont le premier débutera au premier semestre 2007.
Ces essais, destinés à vérifier la bonne tolérance de vaccins expérimentaux et leur capacité à susciter une réaction immunitaire, nécessitent la participation d'environ 200 volontaires âgés de 21 à 54 ans, séronégatifs, en bonne santé et motivés.
Etre volontaire, implique "d'être assez disponible" pour consacrer une demi-journée par mois à différents examens médicaux, et de "s'engager à participer à toute la durée de l'essai, soit environ 1 an", selon le Dr Odile Launay, responsable des essais de l'ANRS au centre de vaccinologie de l'Hôpital Cochin à Paris.
"Cela représente un vrai engagement, une contrainte de temps, les volontaires sont indemnisés pour les frais de transports mais pas pour la journée de travail perdue", prévient-elle. Des informations sont disponibles sur le site internet (www.jesuisvolontaire.fr) et au numéro vert (0.800.156.156).
Six centres hospitaliers, dont trois à Paris et Créteil (hôpital Henri-Mondor), et trois en province (Nantes, Marseille, Toulouse) doivent participer à ces nouveaux essais.
L'ANRS, qui compte déjà un réseau de 724 volontaires, mise sur un "partenariat chercheurs-citoyens", a expliqué devant la presse son directeur Jean-François Delfraissy, précisant que les participants aux essais ne sont pas rétribués pour éviter le recours à des volontaires quasi-professionnels.
Lors de l'essai de la préparation vaccinale "ANRS Vac 18", à la fois en France et aux Etats-Unis, l'apparition fin 2004 d'une maladie neurologique chez un patient américain avait entrainé la suspension de l'essai pendant près d'un an en France aussi.
Il s'agissait d'un "volontaire professionnel ayant reçu avant une série de thérapeutiques immunorégulatrices" lors d'autres essais, a rappelé le Pr Delfraissy. D'où la difficulté à analyser si l'effet secondaire était dû à ces autres essais ou à la préparation de "Vac 18".
L'Agence française du médicament avait autorisé la reprise de Vac 18 il y a un an, l'analyse du dossier médical du volontaire américain n'ayant pas permis d'attribuer directement à ce vaccin expérimental les effets secondaires rapportés.
A la reprise de l'essai Vac 18, toujours en cours, il "n'y a eu aucune difficulté", selon le Pr Delfraissy, à trouver des volontaires qui ont été informés du cas américain.
Les prochains essais vaccinaux, pour lesquels l'ANRS fait appel à 200 volontaires, doivent s'effectuer en association avec d'autres équipes européennes.
La stratégie vaccinale de l'ANRS repose sur l'association de fragments de protéines (peptides) du virus du sida, synthétisées en laboratoires, avec des lipides (matière grasse) destinés à favoriser leur pénétration dans les cellules immunitaires, d'où le terme de lipopeptide.
Lors des précédents essais avec ces lipopeptides, une réponse immunitaire s'appuyant sur différents types de globules blancs (cellules mémoire CD4 et lymphocytes CD8) a pu être constatée chez 50% à 60% des volontaires, a rappelé le Pr Delfraissy.
Mais pour un vaccin, il faudrait "passer à 90 à 95%". D'où, dit-il, l'idée de combiner la technique de l'ANRS avec des outils vaccinaux (vaccin à ADN et vaccin à virus recombinant) mis au point par d'autres équipes. Les candidats-vaccins de l'ANRS pourraient notamment servir d'injections de rappel, en association avec les autres types de vaccins expérimentaux.
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