
PARIS, 29 nov 2006 (AFP) - Vingt-cinq ans après l'apparition du sida, la pandémie continue de progresser, avec 11.000 nouvelles contaminations par jour et près de 3 millions de morts par an, et l'appel à tenir les promesses pour enfin stopper le sida est au coeur de la Journée mondiale vendredi.
Quelque 39,5 millions de personnes sont séropositives ou malades du sida dans le monde, dont près de 25 millions en Afrique noire, selon les estimations publiées la semaine dernière par l'Onusida.
Le sida (syndrome immuno-déficitaire acquis), qui a tué plus de 25 millions de personnes depuis l'apparition de la maladie en 1981, continue de faire des ravages, particulièrement en Afrique subsaharienne où les femmes paient un tribu démesuré à la pandémie.
Victimes souvent oubliées, plus de 2,3 millions d'enfants vivent avec le virus du sida, en quasi totalité dans les pays pauvres. Chaque minute, un enfant de moins de 15 ans est infecté par le virus. L'épidémie tue près de 500.000 enfants par an, c'est-à-dire un enfant chaque minute.
Des millions d'autres enfants sont devenus orphelins à cause du sida qui provoque plus de 8.000 décès par jour dans le monde.
"Stop sida. Tenons notre promesse": le slogan appelle les dirigeants à faire preuve d'une plus grande responsabilité à l'égard de leurs engagements.
L'objectif, fixé fin 2003 par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), de traiter 3 millions de malades des pays pauvres d'ici la fin 2005 pour les sortir du "couloir de la mort", n'a pas été atteint malgré les progrès réalisés.
Dans les pays à faible ou moyen revenu, le nombre de personnes sous thérapie antirétrovirale est passé de 240.000 en 2001 à 1,3 million en 2005, bien loin de l'objectif fixé, qui était lui même très en deça des besoins: plus de 6 millions de malades nécessitent une trithérapie d'urgence pour survivre.
Mais une fois l'impulsion donnée, la progression s'est poursuivie: 1,6 million de malades des pays pauvres étaient sous trithérapie en juin dernier, dont environ un million en Afrique subsaharienne, "soit dix fois plus qu'en décembre 2003", selon l'Onusida.
Mais "75% environ des gens qui en auraient besoin n'ont pas encore accès au traitement, notamment en Afrique sub-saharienne et en Asie", souligne le Dr Laura Ciaffi de Médecins sans frontières (MSF).
"Le 3 by 5 a été un échec mais a aussi donné un élan", explique-t-elle, permettant "une plus grande disponibilité de fonds" et la mise au point par l'OMS d'un protocole simplifié, facilitant "l'accès au traitement dans de simples dispensaires".
"La riposte mondiale contre le sida se trouve à un tournant", selon l'Onusida. Si "elle ne s'intensifie pas de manière significative, les pays les plus touchés par le sida ne parviendront pas" à réduire la pauvreté, la faim et la mortalité infantile comme ils s'y sont engagés en 2000 dans le cadre de l'ONU, a mis en garde l'Onusida dans son dernier rapport.
L'objectif, fixé en juin lors d'une conférence à l'ONU, d'un accès universel d'ici 2010 aux traitements contre le sida serait déjà compromis, selon Chris Collins qui s'exprimait mardi au nom de l'ITPC (International Treatment Preparedness Coalition), un groupe de militants issus de 125 pays.
"Au rythme actuel, le monde va rater l'objectif d'accès universel fixé pour 2010", a-t-il déclaré, estimant qu'à cette date 5 millions de malades sur les 9,8 millions qui en auront alors besoin, seront encore privés de l'accès aux traitements.
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