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Le Conseil national du sida recommande d'améliorer le dépistage

Agence France-Presse - novembre 23, 2006


PARIS, 23 nov 2006 (AFP) - Le Conseil national du sida recommande d'améliorer le dépistage en France de l'infection par le virus du sida afin de traiter les patients plus précocement et d'améliorer la prévention, selon un rapport rendu public jeudi.

Entre 106.000 et 130.000 personnes étaient porteuses du virus du sida en France fin 2005, mais parmi elles de 18.000 à 61.000 ignoraient leur infection, relève le CNS, regrettant le "retard dans le dépistage et la prise en charge".

Plus de 35% des patients accèdent aux soins "alors qu'ils sont déjà à un stade sida ou que leur immunité est déjà très altérée" (taux de lymphocytes CD4 inférieur à 200 par mm3), souligne le rapport.

"Ce retard entraine une surmortalité: elle est multipliée par quatorze dans les six mois qui suivent l'entrée dans le système de soins", a déclaré devant la presse le Pr Willy Rozenbaum, président du CNS.

Parmi les personnes chez lesquelles un sida a été diagnostiqué en 2004, 45% ignoraient leur infection par le VIH (virus de l'immunodéficience humaine), selon une étude de l'Institut de veille sanitaire publiée l'an dernier.

"Or, une personne qui se sait contaminée a énormément plus de chances de modifier son comportement qu'une personne qui l'ignore", insiste le Pr Rozenbaum.

D'où, résume-t-il, la recommandation du CNS "d'élargir systématiquement la proposition de test dans tout recours au soins chez toute personne ayant eu une activité sexuelle dans l'année qui précède", et plus particulièrement dans les "principales zones prioritaires en France" (Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d'Aur notamment).

Il faut aussi, selon le CNS, "inciter fortement au dépistage" les hommes ayant eu des relations homosexuelles et les populations à risque originaires d'Afrique subsaharienne. Il est également conseillé de "généraliser les tests de dépistage du VIH/sida, associés au dépistage des hépatites, dans les centres d'accueil pour usagers de drogue".

Les Centres de dépistages anonymes et gratuits (CDAG), où sont effectués 7% des tests de dépistage en France, pourraient plus spécifiquement accueillir les populations fragilisées "à fort risque d'exposition" et n'ayant pas accès aux soins. Au-delà du dépistage, ces centres pourraient aussi "proposer l'accès au traitement post-exposition", la règle de l'anonymat pouvant être à redéfinir.

Si "la confidentialité est la règle, l'anonymat n'est pas forcément un facteur favorable à l'accès aux soins", a relevé le Pr Rozenbaum.

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