
GENEVE, 20 nov 2006 (AFP) - L'Afrique est en train de trouver des solutions africaines à ses problèmes de santé, s'est félicité lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), même si le continent reste de loin le plus touché par des maladies telles que le sida et le paludisme.
Dans son premier rapport jamais consacré à la santé des Africains, l'OMS espère que "la région pourra peu à peu, moyennant une aide internationale suffisante, relever les défis colossaux auxquels elle doit faire face".
Voyant "partout des signes tangibles" de progrès, l'OMS souligne que des maladies comme la lèpre ou la polio sont en passe d'être éradiquées.
A propos du sida, s'il continue à "dévaster" le continent, qui rassemble 60% des séropositifs mondiaux contre seulement 11% de la population, plus de 800.000 Africains reçoivent désormais des médicaments anti-rétroviraux, soit huit fois plus que fin 2003.
Au Botswana, 75.000 malades sur les 300.000 porteurs du virus que compte le pays reçoivent désormais un tel traitement, a déclaré la ministre de la Santé Sheila D. Tlou.
"Les anti-rétroviraux marchent. Les funerariums ferment leurs portes parce que les affaires ne marchent pas. Les gens qui passaient leur journée au lit il y a quelques années peuvent désormais vivre normalement", a-t-elle rapporté devant la presse.
Contre le paludisme (90% des cas mondiaux en Afrique), 33 des 42 pays d'Afrique concernés par cette maladie ont désormais recours au traitement le plus efficace, l'artémisinine, fait valoir l'OMS. Quant à la rougeole, le nombre de décès est en baisse de 90% depuis 1999 alors que plus de 60% de la population bénéficie d'un vaccin dans 37 pays de la région.
"L'Afrique doit faire face à la crise de santé publique la plus dramatique de la planète, mais le rapport montre qu'il existe des solutions de santé publique qui donnent des résultats concluants dans le contexte africain", a souligné le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, cité par l'OMS.
A titre d'exemple, l'institution signale qu'en Ouganda, 50% des cas de VIH/sida ont pu bénéficier d'un traitement antirétroviral grâce à un programme de formation des infirmières qui assurent certaines des tâches traditionnellement confiées aux médecins.
Au Rwanda, une campagne de sécurité routière avec amendes à la clé a entraîné une diminution de près d'un quart des décès dus à la route en une seule année.
En Afrique du Sud, un "train de la santé" transporte des jeunes médecins et des étudiants en médecine vers des zones rurales qui n'auraient sans cela aucun accès à des services médicaux de base. Ce train a apporté des soins à 500.000 personnes, relève l'OMS.
Mais les systèmes de santé "ne sont pas fonctionnels", a souligné Antoine Kaboré, responsable sida, tuberculose et malaria pour l'Afrique à l'OMS, évoquant le "problème-clé" des bâtiments, des personnels de santé et des médicaments. "Les pays doivent mettre beaucoup plus l'accent sur l'investissement dans les systèmes de santé et les donateurs aussi".
L'OMS souhaite que les Etats consacrent au moins 15% de leur budget à la santé, mais la moyenne tourne actuellement autour de 7% à 8% seulement, a-t-il relevé.
L'OMS s'alarme aussi des taux élevé de mortalité de la mère et du nouveau-né.
Sur les 20 pays de la planète présentant les taux de mortalité maternelle les plus élevés, 19 sont en Afrique. Le continent enregistre en outre le taux le plus élevé de mortalité néonatale du monde.
Pour une partie importante de la population, les besoins d'assainissement de base ne sont toujours pas satisfaits: seuls 58% des habitants de l'Afrique sub-saharienne ont accès à l'eau potable, relève l'OMS.
Les maladies cardio-vasculaires et le diabète progressent et les accidents figurent toujours parmi les principales causes de décès dans la région.
Le rapport porte uniquement sur "la région africaine" au sens de l'OMS, qui exclut le Maroc, la Tunisie, la Libye, l'Egypte, le Soudan, Djibouti et la Somalie.
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