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Etre séropositif et faire un enfant avec le soutien de médecins spécialistes

Agence France-Presse - novembre 17, 2006
Laurence Boutreux

PARIS, 17 nov 2006 (AFP) - En France, de plus en plus de personnes séropositives, hommes ou femmes, font des enfants avec le soutien de médecins spécialistes, multipliant les précautions pour éviter de transmettre le virus du sida à leur partenaire et à leur bébé.

Samedi, l'association "Comité des familles pour survivre au sida" organise à la mairie du 19e arrondissement de Paris une "rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH", avec sept médecins impliqués.

"Trop souvent encore, quand une personne apprend sa séropositivité, sa première pensée est: +je vais mourir+. La seconde: +avoir un compagnon ou une compagne et faire un bébé, c'est fini pour moi!+", déplore l'un des organisateurs de la rencontre, Reda Sadki. L'émission de radio "survivre au sida", qu'il anime à Paris sur 106.3 FM (retransmise sur papamamanbebe.net), insiste au contraire sur "le nouvel espoir de vie à long terme des personnes séropositives", qui "peuvent faire des projets d'avenir".

En France, "il y aurait environ 1.500 accouchements par an" de femmes séropositives, selon un rapport d'experts publié en 2006 sous la direction du professeur Patrick Yéni. "Grâce notamment aux traitements antirétroviraux, la transmission mère-enfant du VIH-1 a été très fortement réduite en France, se stabilisant entre 1 et 2% (contre 15 à 20% en l'absence de traitement)".

Cette proportion d'échecs inclut des femmes qui n'ont pas été dépistées, qui n'ont reçu aucun traitement ou l'ont entamé tardivement (notamment des étrangères sans papiers).

Quand c'est la femme qui est porteuse du virus, le gynécologue-obstétricien Laurent Mandelbrot (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) recommande au couple d'utiliser "des méthodes très simples d'auto-insémination" (consistant, dans le cadre de rapports protégés chez soi, à récupérer du sperme et à le déposer, à l'aide d'une seringue, au fond du vagin, au moment de l'ovulation).

La maman, pendant sa grossesse, et le nouveau-né, pendant quelques semaines, sont ensuite placés sous traitements antirétroviraux. L'allaitement est contre-indiqué.

Quand c'est l'homme qui est infecté par le VIH, le couple doit recourir à l'assistance médicale à la procréation (AMP), autorisée en France depuis cinq ans pour les personnes séropositives.

"On dispose de techniques qui permettent d'isoler les spermatozoïdes, de les +laver+. Les échantillons préparés de spermatozoïdes et virologiquement validés sont utilisés pour faire des inséminations, des fécondations in vitro", explique le Dr Aviva Devaux (AP-HP).

"Lorsque ces techniques sont utilisées, aucune contamination n'a été rapportée chez la partenaire séronégative, et donc aucun enfant n'a pu être contaminé", selon les experts.

A travers la France, 11 centres d'AMP prennent en charge les patients séropositifs. En 2004, 164 enfants y sont nés, selon l'Agence de biomédecine.

"Les équipes sont composées obligatoirement d'un biologiste, d'un gynécologue, d'un infectiologue, d'un virologue", souligne le Dr Devaux, "mais aussi d'un psychologue ou d'un psychiatre car il y a beaucoup d'anxiété".

Reste un grand sujet de préoccupation, souligné par le rapport Yéni: "l'utilisation des traitements antirétroviraux dans le contexte de la procréation progresse plus rapidement que les connaissances sur leur toxicité".

Des parents redoutent que ces traitements ne soient à l'origine des troubles du comportement constatés chez certains enfants.

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