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Promotion du préservatif: des facteurs sociaux à prendre en compte (Lancet)

Agence France-Presse - novembre 3, 2006


PARIS, 3 nov 2006 (AFP) - Pour rendre efficaces les campagnes de prévention du sida et d'autres maladies sexuellement transmissibles (MST) chez les jeunes, il faut tenir compte de facteurs sociaux expliquant le non-recours au préservatif, soulignent deux chercheuses dans la revue médicale britannique The Lancet datée de samedi.

Il existe des "similitudes frappantes" dans le comportement sexuel des moins de 25 ans dans le monde, notamment dans les raisons invoquées pour expliquer l'absence d'usage du préservatif, concluent-elles après avoir passé en revue 268 études qualitatives publiées entre 1990 et 2004 concernant les moins de 25 ans dans différents pays (Afrique du Sud, Australie, Mexique, Royaume-Uni...).

Parmi les raisons citées figurent la distinction entre partenaires supposés à risques ou non, en fonction de leur apparence notamment, et l'association du préservatif avec l'idée d'un manque de confiance dans le partenaire.

Avoir sur soi un préservatif peut signifier que l'on a déjà une expérience sexuelle, ce qui peut être jugé "indésirable pour une femme", voire, au contraire, "désirable pour les hommes", ajoutent les auteurs, en recensant sept thèmes d'explications dont cinq portant sur le comportement sexuel en général et deux sur l'usage du préservatif en particulier.

Evoquant les stéréotypes sexuels, Cicely Marston et Eleanor King (faculté d'hygiène et de médecine tropicale de Londres) relèvent que la femme est supposée "s'être laisser entraînée" par amour, sans avoir planifié un rapport sexuel. "Paradoxalement, malgré l'effet stigmatisant que peut avoir pour les femmes le fait de se munir de préservatifs ou d'utiliser des contraceptifs, ce sont les femmes, pas les hommes, qui sont généralement considérées responsables de la prévention des grossesses", soulignent-elles.

Questions de "réputation", souhaits de grossesse pour garder le partenaire ou fuir la famille d'origine, difficulté à aborder la question de la prévention ou du désir sexuel figurent également parmi les raisons invoquées.

Au-delà de "l'ignorance" et des "obstacles dans l'accès à la contraception" souvent cités, ces raisons permettent de comprendre pourquoi les programmes de prévention du sida n'ont pas été efficaces, concluent-elles.

"Des programmes qui se bornent à fournir des informations et des préservatifs, sans prendre en compte les facteurs sociaux cruciaux identifiés ne prennent en compte qu'une partie du problème", ajoutent-elles.

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