
TORONTO (Canada), 17 août 2006 (AFP) - Des associations ont appelé jeudi à Toronto à la mise en place d'un vaste programme d'action contre les violences faites aux femmes et aux enfants, qui alimentent la prolifération de l'épidémie de sida.
"Il existe beaucoup de programmes de petite échelle, mais il nous faut une réponse globale", a relevé le dr Paul Zeitz, directeur de l'ONG américaine Global Aids Alliance, à la 16e conférence mondiale sur le sida.
"Notre position c'est 'zéro tolérance'. Ce n'est plus 'il faut en parler'... Nous demandons à nos dirigeants de mobiliser les ressources significatives nécessaires pour transformer la rhétorique du passé en une vaste réponse".
Selon lui, au moins deux milliards de dollars par an sont nécessaires pour une campagne globale, qui inclurait réformes juridiques, réforme des systèmes de santé, d'éducation, mobilisation au niveau local et des Etats. "Nous appelons tous les donateurs à consacrer 10% des fonds mondiaux sur le sida à une campagne ciblée" contre les violences aux femmes et aux enfants, a-t-il dit.
Environ un tiers des femmes dans certains pays indiquent avoir eu leur premier rapport sexuel sous la contrainte, rappelle l'association. Relations forcées y compris au sein du mariage, abus sexuels sur enfants (jusqu'à 30% des enfants selon les pays), fréquence des viols et agressions dans les camps de réfugiés et déplacés, avant tout peuplés de femmes et enfants, sont autant de sources de préoccupation.
"Ces femmes ont trois fois plus de risques d'attraper le sida", relève Lisa Schetchtman, auteur pour cette ONG d'un rapport sur les violences aux femmes et enfants. "La violence alimente l'épidémie... C'est un problème grave, et nous ne pourrons avancer (dans la lutte contre le sida) si nous ne réalisons pas des efforts concertés et globaux contre la violence aux femmes et aux enfants".
Mary Wandia, activiste africaine de l'ONG ActionAid International, dit sa colère de ne pas voir les politiques antisida intégrer cette réalité. "Pour les femmes africaines, l'approche +ABC+ (abstinence, fidélité ou préservatif) ne marche pas! Parce que toute notre vie nous connaissons la violence."
"En Afrique, peu de pays ont des lois condamnant la violence contre les femmes, et les politiques sur le VIH/sida ne font pas le lien entre prévention et violences aux femmes", a-t-elle regretté. "Même si nous applaudissons le développement des microbicides (gels vaginaux pouvant bloquer certaines étapes de la transmission du virus), comment vais-je pouvoir m'en servir si quelqu'un me viole? Nous n'aurons pas commencé à vraiment nous attaquer au sida tant que nous n'aurons pas abordé la question des violences aux femmes".
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