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Libye: le procès des infirmières bulgares reporté au 29 août

Agence France-Presse - août 8, 2006
Afaf Gueblaoui
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TRIPOLI, 8 août 2006 (AFP) - Le procès des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien accusés d'avoir inoculé le virus du sida à plus de 400 enfants libyens a été reporté mardi au 29 août.

Le procès avait repris mardi matin à Tripoli, entouré de strictes mesures de sécurité.

Le tribunal, présidé par le juge Mahmoud al-Howeissa, a de nouveau rejeté une demande de la défense de libérer sous caution les accusés, incarcérés depuis 1999.

Le procureur a estimé que les accusés ne présentent pas "les garanties suffisantes", s'appuyant sur un procès-verbal de police selon lequel le médecin palestinien aurait tenté de fuir la Libye pour échapper à la justice.

Le juge a rappelé par ailleurs que les accusés étaient poursuivis pour des "affaires de moeurs", "trafic de devises" et "fabrication illégale de spiritueux".

Trois experts libyens ont été appelés à la barre pour débattre des causes de la propagation du virus à l'hôpital de Benghazi (nord-est de la Libye), où travaillaient les accusés et où les enfants libyens ont été contaminés.

Ces experts ont confirmé les conclusions d'un rapport présenté au tribunal, selon lesquelles le virus a été "introduit délibérement" à l'hôpital.

Le rapport affirme qu'"il n'y avait pas de raison particulière (d'hygiène) pour la propagation du virus à l'hôpital", et que "vu le nombre important de patients contaminés, le virus leur a été inoculé de façon délibérée".

L'avocat de la défense, Me Othmane al-Bizanti, a mis en doute ces conclusions. Il a rappelé que la maladie avait auparavant été diagnostiquée chez trois infirmières de l'hôpital, dont une libyenne et une pakistanaise.

S'appuyant sur des déclarations d'experts internationaux, dont le co-découvreur du virus du sida, le professeur français Luc Montagnier, la défense soutient que l'épidémie était due aux mauvaises conditions d'hygiène.

Le tribunal a rejeté sa demande d'une contre-expertise internationale sur les conditions de propagation du virus.

Ce procès marathon, ouvert le 11 mai, se déroule au rythme d'une audience tous les quinze jours. Le tribunal a entendu jusqu'à présent trois témoins à charge, mais aucun des dix témoins cités par la défense.

Les accusés sont poursuivis pour avoir inoculé le virus du sida à 426 enfants libyens à l'hôpital de Benghazi, dont 51 sont décédés.

Incarcérés depuis 1999 et condamnés à mort en première instance le 6 mai 2004, ils clament leur innocence, affirmant que la police leur a extorqué des "aveux sous la torture".

La Cour suprême libyenne avait ordonné le 25 décembre un procès en appel.

Me Bizanti a affirmé avoir remis au tribunal un mémoire répertoriant les sévices exercés par la police contre ses clients.

Mais le tribunal n'a jusqu'à présent pas ordonné d'enquête concernant les allégations de "torture" des accusés.

Fin décembre, la Bulgarie, en partenariat avec l'Union européenne, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, a constitué un fonds international pour aider la Libye à combattre le sida, assurer la mise aux normes de l'hôpital de Benghazi et fournir une compensation financière aux familles des enfants.

Celles-ci réclament 10 millions de dollars par enfant atteint, selon la télévision bulgare.

Mais Sofia, arguant de l'"innocence" des infirmières, a rejeté toute demande de dédommagement, en acceptant toutefois le principe d'une action humanitaire contre le sida en Libye.

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