
TRIPOLI, 25 juil 2006 (AFP) - Le procès des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien accusés d'avoir inoculé le sida à des enfants libyens, a été ajourné au 8 août, après avoir repris mardi devant la cour criminelle de Tripoli sans les témoins de la défense.
"Le procès est ajourné au 8 août afin de permettre au procureur de convoquer les témoins de la défense", a annoncé le président du tribunal le juge Mahmoud al-Howeissa.
La cour, qui devait entendre ces témoins à décharge, avait annoncé auparavant qu'aucun d'eux ne s'était présenté. "Aucun témoin de la défense n'a répondu à l'appel", avait indiqué le président du tribunal, sans donner les raisons de leur absence.
Selon l'avocat des infirmières, Me Othmane al-Bizanti, la défense a cité dix témoins à décharge, qui devaient être appelés l'un après l'autre à la barre, a-t-il précisé.
La cour a par ailleurs rejeté une demande de la défense réclamant une nouvelle expertise par des spécialistes internationaux sur les raisons de la propagation du sida en Libye. Elle a en revanche accepté de ré-examiner le rapport des experts libyens sur le même sujet.
Les accusés, incarcérés depuis 1999, et condamnés à mort en première instance le 6 mai 2004, clament leur innocence, affirmant que la police leur avait extorqué des "aveux sous la torture".
La Cour suprême libyenne avait ordonné le 25 décembre un nouveau procès en appel.
Les condamnés avaient motivé leur appel en se basant sur les déclarations d'experts internationaux, dont le co-découvreur du sida, le professeur français Luc Montagnier, selon lesquels l'épidémie était due aux mauvaises conditions d'hygiène à l'hôpital de Benghazi (nord est de la Libye) où travaillaient les infirmières.
Les infirmières et le médecin sont poursuivis sous le chef d'accusation d'avoir inoculé le virus du sida à 426 enfants libyens à l'hôpital de Benghazi, dont 51 sont décédés.
Une des accusées n'était pas présente à la reprise de l'audience pour "des raisons de santé", a indiqué le président de la cour, le juge Houweissa.
De strictes mesures de sécurité ont été prises autour du tribunal malgré l'absence des parents des victimes qui, contrairement à leurs habitudes depuis l'ouverture du procès le 11 mai, n'étaient pas rassemblés devant le palais de justice.
Une trentaine de personnes ont cependant tenté de manifester à la sortie de l'audience en brandissant des portraits des victimes.
La cour a de nouveau rejeté une demande de libération sous caution des accusés présentée par Me Bizanti.
"Les garanties présentées ne sont pas suffisantes", a dit le procureur, en appuyant sa demande de rejet par un procès verbal de la police, selon lequel le médecin palestinien aurait tenté de fuir de Libye pour échapper à la justice.
Me Bizanti espère en revanche que "le tribunal consentira à ouvrir une enquête" concernant les allégations de "torture" des accusés. La défense a remis à la cour un mémoire répertoriant les sévices exercés par la police contre ses clients, selon elle.
060725
AF060752_FR
© Agence France-Presse 2006. Tous droits de reproduction et de représentations réservés. Toutes les informations, textes, photos, graphiques reproduites sur ce site ainsi que le logo de l'AFP sont protégés par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'Agence France-Presse. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. http://www.afp.com/
AEGiS is a 501(c)3, not-for-profit, tax-exempt, educational corporation. AEGiS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, Elton John AIDS Foundation, the National Library of Medicine, Bridgestone Firestone Trust Fund, and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 2006. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.
©1990, 2006 - AEGiS. AEGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All materials appearing on AEGiS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of AEGiS, or the party credited as the provider of the content.