
WASHINGTON, 22 juin 2006 (AFP) - Le préservatif masculin est une protection très efficace contre les papillomavirus (HPV) transmis sexuellement et responsables de la grande majorité des cancers utérins, selon une étude publiée jeudi dans le New England Journal of Medicine (NEJM).
Cette étude a suivi médicalement pendant trois ans 82 étudiantes depuis leurs première relation sexuelle.
Celles dont le partenaire utilisait toujours un préservatif ont eu 70% moins de risques de devenir infectées avec des HPV, comparativement à celles dont le partenaire recourrait au préservatif moins de 5% du temps lors des relations intimes, indique cette recherche conduite par des scientifiques de l'Université de Washington (nord-ouest des Etats-Unis).
Les HPV, responsables de 70% des cancers du col de l'utérus, des verrues génitales et vaginales, et des cancers de la vulve, de l'anus et du pénis, sont les pathogènes les plus transmis sexuellement.
Quelque 80% des jeunes femmes sont infectées dans les cinq ans après être devenues sexuellement actives, soient environ 630 millions au total dans le monde.
Les préservatifs masculins se sont montrés très efficaces pour empêcher des grossesses et l'infection par le virus responsable du Sida. Cette étude montre pour la première fois, selon ses auteurs, que le préservatif est aussi une très bonne protection contre les HPV.
Cette étude est publiée dans un contexte d'affrontement idéologique intense aux Etats-Unis entre les groupes religieux conservateurs, qui cherchent à promouvoir l'abstinence comme seule méthode de contraception et luttent contre le droit à l'avortement, et la communauté scientifique.
Les groupes religieux conservateurs affirment depuis longtemps que les préservatifs ne protégent pas contre les maladies provoquées par les papillomavirus.
Ils font valoir que les hommes porteurs de ces virus peuvent les transmettre à leurs partenaires par des lésions sur les parties de leur organe génital non couvert par le préservatif.
L'Agence fédérale de réglementation des produits pharmaceutiques et alimentaires (FDA) a approuvé le 8 juin la mise sur le marché du premier vaccin protégeant contre quatre types de papillomavirus responsables de 70% des cancers utérins.
Ce vaccin, le Gardasil, fabriqué par le laboratoire américain Merck, est également efficace contre des virus HPV causant des infections du vagin et de la vulve qui évoluent souvent en lésions cancéreuses.
Quelque 470.000 femmes sont diagnostiquées annuellement dans le monde d'un cancer utérin et plus de 230.000 en meurent chaque année.
Plus de 80% des cas se trouvent dans les pays en développement.
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