
NEW YORK (Nations unies), 31 mai 2006 (AFP) - Un quart de siècle après son apparition, le sida mobilise l'attention du monde cette semaine à l'Onu où s'est ouverte mercredi une conférence internationale de trois jours sur les stratégies de lutte contre la pandémie.
Le sida a fait plus de 25 millions de morts dans le monde depuis sa première détection en 1981 et 40 millions de personnes vivent aujourd'hui avec le virus HIV à l'origine de la maladie, selon l'Onusida, l'agence de l'Onu chargée de la lutte contre ce fléau.
La conférence se réunit au lendemain de la publication par l'Onusida d'un rapport selon lequel l'épidémie s'est stabilisée dans le monde, après avoir atteint un pic à la fin des années 1990.
Tout en appelant à redoubler de moyens pour enrayer la maladie dans les pays pauvres, le rapport indique que le monde marque des points dans la lutte contre le VIH, grâce aux efforts de financement et d'accès au traitement, mais la prévention reste insuffisante dans de nombreux pays.
L'an dernier, quelque 2,8 millions de personnes sont mortes de la maladie et 4,1 millions ont été contaminées par le virus. Il y a deux ans, l'Onusida avait fait état de 4,8 millions de contaminations nouvelles pour 2003.
Mais ce diagnostic globalement encourageant cache des situations très diverses selon les pays. Ainsi, l'épidémie s'aggrave en Afrique du Sud où 18,8% des adultes sont contaminés, ainsi qu'en Chine, en Indonésie et au Vietnam. L'Inde est devenue en valeur absolue le premier pays du monde pour le nombre de séropositifs.
Dans les pays occidentaux, l'épidémie tend à redémarrer chez les homosexuels et dans l'ex-URSS, le virus se propage rapidement, principalement chez les toxicomanes.
Les moyens financiers pour lutter contre la maladie ont atteint 8,3 milliards de dollars l'an dernier, conformément aux objectifs fixés, mais les besoins annuels vont dépasser 22 milliards en 2008, a averti l'Onusida.
Dans son discours d'ouverture, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, s'est félicité des avancées constatées dans certains pays, notant que 70 Etats membres avaient "quadruplé le nombre de personnes ayant accès aux méthodes de détection et aux services sociaux".
"Malgré cela, la grande majorité des pays sont dramatiquement loin des objectifs fixés" en 2001 et "le monde a été d'une incroyable lenteur dans un des aspects les plus vitaux de cette lutte: les mesures à prendre pour enrayer la propagation du virus chez les femmes et les filles", a-t-il déploré.
"Nous ne pourrons vaincre cette maladie qu'en travaillant ensemble avec détermination et en ayant les mêmes objectifs", a-t-il lancé aux délégués des 191 Etats membres.
Peu après, une personne séropositive a fait, pour la première fois dans l'histoire de l'Onu, une déclaration de la tribune de l'Assemblée générale. Khensani Mavasa, Sud-africaine de 27 ans victime de viols, a lancé un vibrant appel à une meilleure protection des femmes qui représentent 77% des nouvelles infections par le sida en Afrique.
"J'appelle les dirigeants africains assis ici à protéger et promouvoir les droits humains de tous ceux qui appartiennent à des groupes vulnérables, en particulier les femmes et les filles", a-t-elle dit.
Les deux premiers jours de la conférence sont consacrés à une revue technique des progrès effectués depuis l'adoption d'un plan d'action contre la maladie, lors d'une session spéciale de l'Assemblée générale de l'Onu en 2001.
Le troisième jour, vendredi, se tiendra une "Réunion de haut niveau", rassemblant chefs d'Etat ou de gouvernement et ministres, qui visera à renouveler l'engagement politique des Etats dans la lutte contre la pandémie.
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