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VIH-sida: nombreux obstacles en Afrique pour éviter la transmission mère-enfant

Agence France-Presse - décembre 5, 2005
Helen Vesperini

ABUJA, 5 déc (AFP) - La prévention de la transmission du virus du VIH-sida de la mère à l'enfant se heurte en Afrique à de nombreux obstacles, aggravant sur le long terme les conséquences de la pandémie sur le continent le plus touché au monde.

90% des quelque 600.000 enfants nouvellement infectés par le VIH chaque année dans le monde contractent le virus par la transmission mère-enfant, selon les Nations unies, qui notent que l'essentiel d'entre eux se trouvent en Asie du Sud-est et en Afrique.

"Les grands problèmes en Afrique sont les systèmes de santé inadéquats et les infrastructures insuffisantes, en termes de personnel et de médicaments", explique Ngashi Ngongo, spécialiste de la prévention de la transmission mère-enfant à l'Unicef, qui participe à la 14è conférence sur le sida en Afrique (Cisma) qui se déroule à Abuja.

Pour prévenir cette transmission, on peut remplacer l'allaitement maternel par des biberons, pratiquer des césariennes plutôt que des accouchement par les voies naturelles, ou encore faire prendre à la mère des médicaments peu avant le terme de la grossesse et ensuite au nouveau-né.

Mais en Afrique, ces méthodes sont peu pratiquées, à cause des risques liés à l'hygiène - pour le biberon et la césarienne - et par manque de moyens financiers des familles.

"La nutrition des enfants en Afrique sub-saharienne pose de grands problèmes. Dans les pays développés, on décourage les mères qui veulent donner le sein, mais en Afrique cela représente un vrai défi parce que le nouveau né risque de mourir d'autres affections, comme la diarrhée", précise M. Ngongo.

Lorsque les mères ne sont pas éduquées, l'utilisation précoce du biberon peut même aggraver le risque de transmission du VIH, car si l'eau utilisée n'est pas pure le bébé peut attraper une inflammation du système digestif qui facilite la transmission.

Les mères risquent également de nourrir leur enfant au biberon, puis faute d'argent ou d'eau potable, de revenir à l'allaitement maternel alors qu'une grande partie des anticorps de la mère n'auront pas été absorbés par l'enfant, augmentant également les risques.

Il en va de même avec la césarienne, qui normalement permet d'éviter des lésions de la peau lors du passage du bébé vers l'extérieur. Ces lésions facilitent le passage du virus à travers le sang et les secrétions maternelles vers le corps de l'enfant.

"Mais est-ce faisable en Afrique ? Si le bloc opératoire n'est pas sain, alors on aggrave le risque d'infection, et donc le risque de mortalité", de la mère comme de l'enfant, ajoute M. Ngongo.

Sur le continent, seulement 41% des femmes accouchent avec l'aide d'un professionnel de santé, la majorité mettant leur enfant au monde sans avoir été en contact avec les services de santé et sans savoir si elles ont le VIH.

Le moyen le plus efficace d'éviter la transmission mère-enfant reste l'administration de médicaments à la mère séropositive à partir de la 28è semaine de grossesse.

Mais ces médicaments ne sont pas distribués gratuitement, alors que la simple prise d'une dose de nevralpine par la mère juste avant le début du travail réduit le risque de transmission de 50%, selon l'Unicef.

"Il est important de faire passer le message que les techniques existent. Le problème est que nos gouvernements doivent permettre aux femmes d'en profiter", souligne M. Ngongo.

"Si l'accent n'est pas mis sur ce problème, le nombre de décès d'enfants va continuer à augmenter d'ici 2010", avertit Terguest Guerma, directrice adjointe de l'OMS pour le VIH-sida.

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