LE CAP, 29 nov (AFP) - La plus puissante association sud-africaine de lutte contre le sida a annoncé mardi avoir porté plainte contre le gouvernement de son pays pour n'avoir pas empêché le distributeur allemand de vitamines, Matthias Rath, de faire la promotion de "médicaments miracles" non agréés.
"Nous lançons une action en justice et demandons à ce que la ministre de la Santé fasse cesser les activités illégales de Matthias Rath, qui incluent des tests cliniques non autorisés", a déclaré le secrétaire général de l'association Treatment Action Campaign (TAC), Sipho Mthathi, lors d'une conférence de presse.
La plainte, déposée lundi devant la Haute cour du Cap (sud-ouest), vise aussi Rath, le Conseil de contrôle des médicaments, ainsi que le gouvernement provincial de la province du Western Cape.
Matthias Rath, qui a fondé sa propre fondation du même nom, a accusé TAC d'être l'avant-garde des laboratoires pharmaceutiques responsables, selon lui, d'un "génocide" avec la vente des traitements antirétroviraux (ARV).
La Fondation Rath assure la promotion et la distribution de suppléments vitaminés dans des townships du Cap, affirmant que les ARV sont inefficaces et nocifs.
TAC accuse pour sa part Rath et sa fondation de distribuer des médicaments non agréés "qui mettent en danger la santé et la vie des personnes porteuses du VIH-sida", selon la plainte déposée devant la Haute cour.
"Ils publient de fausses publicités affirmant que leurs médicaments sont efficaces dans le traitement ou la prévention du sida (...) ils mènent des tests cliniques non autorisés et anti-éthiques sur des gens souffrant du sida", dénonce TAC.
"Les autorités gouvernementales ont le devoir de prendre des mesures raisonnables et effectives pour arrêter les activités illégales des représentants de Rath", estime TAC, qui attend qu'une date soit fixée pour l'examen de sa plainte.
L'Association médicale sud-africaine (SAMA), qui soutient TAC, a estimé pour sa part que la Fondation Rath provoque d'énormes dégâts en semant la confusion sur l'efficacité des traitements contre le VIH-sida.
"Venir à bout de cette confusion sera une tâche monumentale", a déploré un responsable de SAMA, Dennis White, lors de la conférence de presse, ajoutant que les médecins reçoivent de plus en plus de patients qui ne savent plus quel traitement ils doivent suivre.
L'Afrique du Sud est l'un des pays du monde les plus touchés par le VIH-sida, avec 6,5 millions de personnes atteintes, soit un habitant sur sept, selon le ministère de la Santé.
Grâce à un programme adopté tardivement par le gouvernement en 2003, seulement 80.000 personnes reçoivent des ARV gratuits sur plus de 500.000 qui en ont besoin.
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