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Hollywood accusé d'oublier les préservatifs et les dangers du joint

Agence France-Presse - octobre 3, 2005


LONDRES, 3 oct 2005 (AFP) - Le cinéma hollywoodien encourage les attitudes irresponsables en omettant de promouvoir l'usage du préservatif et d'éveiller aux dangers du cannabis, accusent des chercheurs dans une étude publiée lundi.

James Bond est cité en particulier pour ses frasques sexuelles jamais sanctionnées par la moindre maladie sexuellement transmissible, sans même parler de grossesse non désirée pour la partenaire comblée.

Les films les plus regardés depuis 20 ans décrivent une "norme sociale" dans laquelle les rapports sexuels ne sont pas protégés et où fumer un joint est sans conséquences, voire positif, concluent trois experts australiens en santé publique dans la dernière livraison du Journal of the Royal Society of Medicine, une publication britannique.

L'équipe du Dr Hasantha Gunasekera, de l'université de Sydney, a pris la liste des 200 films les plus regardés de tous les temps. Elle en a extrait 87 productions ayant en commun d'avoir été tournées à partir de 1983 (date de l'apparition de la pandémie de sida), de ne pas être des dessins animés et de ne pas être classées tous publics.

Ces films comportent 53 scènes de rapports sexuels, avec une seule suggestion de l'usage d'un préservatif. Par ailleurs, aucun moyen contraceptif n'apparaissait dans 98% des épisodes dont aurait pu résulter une grossesse.

L'usage du cannabis apparaît d'autre part comme positif dans plus de la moitié des scènes où l'on voit des personnes en consommer. Dans les 48% de cas restant, fumer un "pétard" est présenté comme sans conséquences.

"Meurs un autre jour", une aventure de l'agent OO7 sortie en 2002, est l'un des films contenant le plus de scènes politiquement incorrectes sur le plan de la santé publique, relèvent les experts.

Ceux-ci ont toutefois attribué le bonnet d'âne au film pour adolescents American Pie 2, qui met en scène sept scènes de rapports sexuels non protégés, toutes entre nouveaux partenaires.

"La norme sociale présentée dans ces films est inquiétante étant donné la pandémie de VIH (le virus à l'origine du sida, ndlr) et d'usage des drogues dans les pays en développement comme dans les pays industrialisés", a estimé le Dr Gunasekera.

Seul un quart des films étudiés ne comportait aucune scène de rapports non protégés entre nouveaux partenaires, d'usage de cannabis, de tabagisme ou de beuverie.

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