RIO DE JANEIRO, 27 juil 2005 (AFP) - Près d'un demi-million de personnes porteuses du virus HIV-sida se soignent avec des génériques mais elles sont plus du double à utiliser des médicaments plus onéreux produits par les grands laboratoires, selon des chiffres diffusés lors du troisième congrès de la Société internationale sur le sida à Rio de Janeiro.
Des représentants des entreprises pharmaceutiques et des firmes produisant des génériques ont participé à un débat animé sur la production de ces médicaments dépourvus de brevet et donc moins coûteux.
La discussion est "devenue très émotionnelle", a remarqué Mauro Schecter, professeur à l'Université fédérale de Rio de Janeiro, co-organisatrice du congrès. Pour lui toutefois, "il ne s'agit pas d'une lutte entre le bien et le mal mais d'une question beaucoup plus complexe".
Des experts ont ainsi présenté des travaux montrant la résistance de certains malades aux tri-thérapies de première génération -- utilisant des génériques -- ce qui implique le passage des patients à des médicaments nouveaux, protégés par des brevets.
En décembre 2004, 400.000 malades du sida dans le monde étaient soignés grâce aux génériques, a indiqué Sandeep Juneja de Ranbaxy Initiative, un laboratoire indien de médicaments génériques. M. Juneja a affirmé qu'en Inde, 100% des médicaments sont des génériques.
M. Juneja a toutefois reconnu que près d'un million de malades dans le monde sont traités par des médicaments brevetés et que ce chiffre devrait grimper à 10 à 15 millions d'ici dix ans.
Ellen't Hoen, directrice de la campagne pour l'accès aux médecines essentielles de l'ONG Médecins sans frontières, a souligné que "les médicaments de deuxième génération sont 12 fois plus coûteux que les anciens et que soigner des enfants peut coûter 4 fois plus cher que les adultes".
Selon des chiffres présentés lors des débats, les ventes de médicaments anti-rétroviraux en Amérique du nord et Europe occidentale représentent 6 milliards de dollars par an, alors qu'il serait possible de soigner 3 millions de patients dans les pays en voie de développement avec des génériques en investissant 1,5 milliard de dollars par an.
Lors des débats, le Brésil a été cité en exemple par sa politique de gratuité des soins et de production de médicaments génériques.
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