BRASILIA, 24 juin 2005 (AFP) - Le gouvernement brésilien a ouvert la voie vendredi au non-respect du brevet d'un médicament antisida du laboratoire américain Abbott en raison de l'échec des négociations pour en faire baisser le prix.
Le médicament Kaletra du laboratoire Abbott, faisant partie d'un cocktail d'antirétroviraux, a été déclaré vendredi d'"intérêt public", ce qui devrait conduire le pays à ne pas respecter ce brevet si aucun arrangement ne peut être conclu, a annoncé lors d'une conférence de presse le ministre brésilien de la Santé Humberto Costa.
Le coût de ce médicament représente un tiers du prix du cocktail.
Après avoir reçu notification de la décision du gouvernement brésilien, le laboratoire américain aura dix jours pour indiquer s'il l'accepte ou non.
Le ministre explique que le médicament sera déclaré libre de droit, sous "licence obligatoire", si Abbott n'accepte pas de réduire le prix du Kaletra "afin de garantir la viabilité du programme national de lutte contre le sida".
Le programme brésilien d'antirétroviraux (ARV) prévoit la fourniture gratuite d'un cocktail de 16 médicaments à 155.000 séropositifs dans tout le pays.
Les pays en développement, dont le Brésil, ont manifesté leur inquiétude au sujet des nouvelles dispositions des accords de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), prévoyant que les molécules mises sur le marché après 1995 par les grands laboratoires pharmaceutiques occidentaux sont susceptibles d'être protégées par des brevets d'exclusivité de 20 ans.
Or l'accès à des ARV toujours plus récents, qui peuvent coûter jusqu'à dix fois plus cher que les copies bon marché d'ARV de première génération, est une nécessité compte tenu des phénomènes de résistance aux traitements, qui se développent lorsque le virus du sida (VIH) trouve des parades, grâce à ses mutations fréquentes.
Dans un communiqué, l'association antisida française Act Up a félicité le gouvernement du président Luiz Inacio Lula da Silva, espérant que deux autres médicaments anti-sida, le Tenofovir et l'Efavirenz, "feront l'objet d'une décision similaire".
"Le manque de concurrence générique sur le marché des médicaments anti-VIH a jusqu'ici eu pour conséquence des prix prohibitifs qui empêchent la plupart des malades des pays pauvres d'y avoir accès", affirme dans son texte l'association.
050624
AF050631_FR
© Agence France-Presse 2005. Tous droits de reproduction et de représentations réservés. Toutes les informations, textes, photos, graphiques reproduites sur ce site ainsi que le logo de l'AFP sont protégés par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'Agence France-Presse. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. http://www.afp.com/
AEGiS is a 501(c)3, not-for-profit, tax-exempt, educational corporation. AEGiS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, Elton John AIDS Foundation, the National Library of Medicine, Bridgestone Firestone Trust Fund, and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 2005. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.
©1990, 2005 - AEGiS. AEGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All materials appearing on AEGiS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of AEGiS, or the party credited as the provider of the content.