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L'armée sud-africaine en guerre contre le sida

Agence France-Presse - juin 7, 2005
Carole Landry
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DURBAN (Afrique du Sud), 7 juin (AFP) - L'armée sud-africaine livre aujourd'hui une véritable "guerre" au HIV-sida qui touche 23% de ses effectifs et handicape sa capacité à participer à des missions de maintien de la paix à l'étranger, a affirmé un médecin militaire mardi au premier jour d'une conférence nationale sur le sida à Durban (est).

"Au plan de la santé militaire, nous menons une guerre, une guerre humaine. Nous sommes confrontés à un ennemi terrible - le virus HIV et le sida", a déclaré le général de brigade Pieter Oelofse, directeur des services médicaux de l'armée sud-africaine.

Des responsables militaires participant à la réunion de Durban, ont toutefois souligné que l'introduction l'an dernier de traitements aux anti-rétroviraux (ARV) pour les membres des forces sud-africaines, financés par les Etats-Unis, laissaient entrevoir la possibilité d'une force de combat dont les membres vivraient avec le virus.

L'Organisation des Nations Unies (ONU) déconseille la participation de soldats séropositifs dans les missions de maintien de la paix. Mais selon le général Oelofse, le gouvernement sud-africain pourrait se démarquer de cette position si les recherches en cours démontraient qu'un soldat pouvait porter un fusil tout en étant sous ARV.

"Le défi pour nous est d'avoir assez d'effectifs à déployer pour nos missions de paix", a souligné le médecin militaire. Or, a-t-il fait remarqué, "nous atteignons nos limites".

L'armée sud-africaine participe actuellement à des missions de maintien de la paix au Burundi et en République démocratique du Congo (RDC).

Un millier de soldats, ainsi que des membres de leurs familles, dont 56 enfants, prennent des ARV grâce à un programme américain étudiant l'impact de ces médicaments sur l'aptitude au combat des militaires.

Le gouvernement américain doit apporter 50 millions de dollars sur cinq ans aux forces de défense sud-africaines, dans le cadre du Plan d'urgence de lutte contre le sida (PEPFAR) du président George Bush, qui devrait financer l'accès aux ARV pour quelque 500.000 Sud-Africains d'ici à 2008.

Le colonel Xolani Currie, qui dirige les recherches sur les effets des ARV, a mis l'accent sur les premiers résultats positifs: "nous avions des personnels qui restaient assis, sans espoir, dans leurs bases, et qui aujourd'hui courent dans les monts Manuti", à cheval sur l'Afrique du Sud et le Lesotho.

Cependant, le général Oelofse a fait observer qu'il ne s'agissait que de premiers résultats. "Les données sont en train d'être collectées. C'est un projet sur cinq ans", a-t-il souligné.

Environ 80% des 70.000 membres de l'armée ont subi un test de dépistage du virus HIV, obligatoire pour les candidats à des missions de la paix.

Le taux de prévalence est de 23% chez les militaires, soit un peu plus élevé que la moyenne nationale, estimée à 21,5%.

L'Afrique du Sud est l'un des pays les plus touchés du monde par la pandémie avec un adulte sur cinq ou 5,3 millions de personnes contaminées selon les estimations d'Onusida, 5,6 millions selon les dernières estimations du ministère de la Santé publiées en septembre.

Plus d'un million d'enfants y sont aujourd'hui orphelins, à cause du sida qui, selon le Conseil sud-africain sur la recherche médicale, est la première cause de mortalité dans le pays avec 30% des décès en 2000.

Quelque 4.000 personnes, dont des chercheurs, des médecins, des travailleurs sociaux et des militants de la lutte anti-sida, doivent participer à la conférence de Durban, la deuxième du genre et qui dure jusqu'à vendredi.

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