BOSTON (Etats-Unis), 25 fév (AFP) - L'équipe de médecins ayant examiné le new-yorkais atteint d'une forme rare et fulgurante de sida, ont défendu jeudi devant la 12e conférence annuelle sur les rétrovirus, leur décision d'alerter les autorités sanitaires de New York.
Accusé par des scientifiques et des représentants de la communauté homosexuelle de s'être montré alarmiste, le Dr. David Ho, directeur du laboratoire de recherche Aaron Diamond à Manhattan, premier à identifier cette forme potentiellement plus dangereuse du virus, a expliqué que les observations faites par ses chercheurs justifiaient d'avoir informé en urgence le responsable de la santé publique de New York.
"Je pense que nous étions en présence d'un virus extrêmement résistant aux traitements et connaissant une évolution très rapide", a-t-il dit. "De plus, cet homme (homosexuel de 45 ans) a eu de multiples partenaires" alors qu'il était déjà infecté, a aussi souligné le Dr Ho qui, pour la première fois, a fait un compte rendu public détaillé des travaux sur le cas new-yorkais dont les grandes lignes ont déjà été largement dévoilées au public.
L'existence de ce cas avait été annoncée le 11 février par le commissaire à la santé publique de New York lors d'une conférence de presse.
Les organisateurs de la conférence de Boston ont invité le Dr Ho à venir présenter les dernières conclusions de son équipe de chercheurs devant les 3.800 plus grands experts mondiaux sur le sida réunis cette semaine à Boston.
Le Dr Ho a affirmé que les caractéristiques de ce virus étaient très rares même pour le laboratoire de Los Alamos qui répertorie tous les cas et collecte toutes les données sur les séquençages du gène.
Même si l'on ne sait pas encore si le cas de New York est isolé ou pas, il était tout a fait normal d'en informer les autorités sanitaires de New York, a-t-il insisté.
Bien que les virus du sida (VIH) résistants aux traitements soient souvent moins contagieux que ceux répondant bien aux différentes trithérapies, il se pourrait que cela ne soit pas le cas pour ce pathogène, a expliqué le Dr. Ho.
Le fait que ce virus se reproduise sans difficulté en laboratoire est à cet égard "inquiétant", selon ce scientifique.
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