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Des signes d'espoir en Afrique sur le front du sida

Agence France-Presse - février 24, 2005
Jean-Louis Santini
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BOSTON (Etats-Unis), 24 fév (AFP) - Si la pandémie du sida en Afrique reste préoccupante, des signes encourageants apparaissent dans certains pays du continent, selon des experts réunis cette semaine à Boston pour la 12e conférence annuelle sur les rétrovirus.

Ils ont cité une diminution du taux d'infection depuis dix ans en Afrique de l'Est comme en Ouganda, ainsi que, depuis peu, une très forte augmentation du nombre de séropositifs africains bénéficiant de trithérapies.

Une étude réalisée de 1994 à 2003 en Ouganda sur 10.000 résidents de 50 villages a montré, comme dans le reste du pays, "un net recul de la progression du sida sur cette période", avec une diminution de 30% du taux d'incidence chez les hommes et les femmes, a expliqué Maria Wawer, professeur à l'université Columbia qui a dirigé cette recherche et dont les résultats ont été présentés à Boston (Massachusetts, nord-est).

Grâce à une politique volontariste du gouvernement ougandais, le taux d'infection nationale est tombé de 30% à 6% en l'espace d'une dizaine d'années.

L'étude, conduite sur le terrain par des chercheurs ougandais, a surtout montré "un accroissement important et très encourageant de l'usage des préservatifs", a souligné Maria Wawer devant la presse.

L'utilisation régulière d'un préservatif, chez les jeunes de 15 à 19 ans notamment, est passée de 19% à 38%, ce qui s'est traduit par une très forte diminution du taux d'infection du groupe étudié, a-t-elle indiqué.

L'abstinence ou la fidélité ne paraissent pas avoir joué un rôle dans le recul de la maladie puisque, selon cette étude, le nombre d'hommes et de femmes ayant eu de multiples partenaires a augmenté.

"Nous n'avons constaté aucune augmentation de l'abstinence ou de la monogamie", a dit le professeur Wawer mais elle s'est refusée à commenter le fait que cela va à l'encontre des principes de l'administration Bush prônant surtout l'abstinence au nom des principes moraux pour lutter contre le sida.

L'automne dernier, Washington avait débloqué une nouvelle assistance de 100 millions de dollars pour promouvoir un tel comportement.

Outre le recul du sida dans certaines régions d'Afrique, la nette augmentation récente du nombre d'Africains infectés ayant accès à des trithérapies est également une évolution encourageante, a expliqué plus tôt cette semaine à Boston Jim Kim, un responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ces cocktails de médicaments anti-rétroviraux, dont les prix ont beaucoup baissé, étaient encore il y a peu totalement hors de portée des nations à revenus modestes.

Au cours des six derniers mois de 2004, grâce à l'initiative internationale dite "3 by 5" lancée en 2003, le nombre de personnes dans les pays en développement bénéficiant de ces traitements, est passé de 440.000 à 700.000 dont un grand nombre en Afrique, a-t-il dit.

Mais, a insisté M. Kim, ces efforts de la communauté internationale doivent se poursuivre et s'intensifier.

Sans un accès rapide aux trithérapies, plusieurs millions mourront à brève échéance dans les pays en développement, en particulier sur le continent africain le plus atteint et qui paye jusqu'à présent le plus lourd tribut au sida, a mis en garde ce responsable de l'OMS.

Plus de 60% des personnes infectées par le virus du sida dans le monde - soit quelque 25,4 millions sur un total de 39,4 millions - vivent en Afrique subsaharienne, selon le rapport 2004 de l'Onusida.

En 2004, plus de trois millions sont morts du sida dans le monde.

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