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Afrique du Sud: décès liés au sida "en hausse", polémique sur les chiffres

Agence France-Presse - février 18, 2005
Jérôme Cartillier
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PRETORIA, 18 fév (AFP) - Le sida est "l'une des principales causes de décès" chez les Sud-africains de 15 à 49 ans, a annoncé vendredi l'Organisme officiel des statistiques (Stats SA), sur fond de polémique récurrente sur l'impact exact de la pandémie dans un des pays les plus touchés au monde.

"Dans le groupe des 15-49 ans, le VIH émerge comme l'une des principales causes de décès", a expliqué Liz Gavin, responsable des statistiques de population au sein de Stats SA, à l'occasion de la présentation à Pretoria d'un rapport intitulé "Mortalité et causes de décès en Afrique du Sud: 1997-2003".

Selon ce rapport, basé sur l'analyse d'environ trois millions de certificats de décès transmis par le ministère sud-africain de l'Intérieur, le nombre total de morts a augmenté de 57% entre 1997 et 2002.

D'après les éléments mentionnés sur les certificats de décès, la tuberculose et la pneumonie apparaissent comme les principales causes de mortalité.

Selon Pali Lehohla, qui dirige Stats SA, les informations rassemblées dans ce rapport "fournissent des preuves indirectes de ce que l'épidémie du VIH en Afrique du Sud augmente le niveau de mortalité chez les adultes, dans la mesure où les maladies opportunistes sont en hausse".

Cependant, a-t-il souligné, pour obtenir des chiffres sur la mortalité liée au sida, "l'analyse de ces informations doit être combinée avec d'autres sources d'informations (...) et des projections démographiques".

Selon un rapport publié récemment avec le soutien du Conseil de recherche médicale (MRC), "une proportion importante" du nombre de décès du sida en Afrique du Sud "semble être enregistrée sous d'autres maladies (...) sans aucune référence au VIH".

D'après le MRC, la forte stigmatisation liée au sida explique que nombre de malades se montre réticents à annoncer leur statut et que leurs proches demandent parfois au médecin de ne pas le mentionner sur l'acte de décès.

Début janvier, l'ancien président sud-africain Nelson Mandela a annoncé que son fils était mort du sida, soulignant qu'il était indispensable "de parler publiquement du sida", afin de montrer qu'il s'agit "d'une maladie normale".

Dans une tribune publiée il y a quelques semaines dans la presse sud-africaine, Pali Lehohla a lancé une virulente attaque contre divers organismes internationaux, au premier rang desquels l'ONU, les accusant de surestimer l'étendue et l'impact du VIH-sida.

La publication du rapport de Stats SA, très attendue dans un pays où 5,3 millions de personnes sont touchés par la pandémie, selon Onusida, a été reportée à plusieurs reprises, alimentant des spéculations dans la presse sur d'éventuelles interférences politiques, vigoureusement démenties par Stats SA.

"Nous n'avons fait l'objet d'aucune pression pour changer quelque chiffre que ce soit", a assuré Mme Gavin.

Source de polémique supplémentaire, le fonctionnement et l'efficacité de Stats SA font, depuis plusieurs mois, l'objet de critiques. A plusieurs reprises, l'organisme public a publié des statistiques erronées qui dû être rectifiées par la suite. La dernière erreur en date portait sur les chiffres de la production manufacturière pour novembre 2004.

"L'Afrique du Sud a le système de collecte d'informations (sur les causes de décès) le plus complet du continent (africain)", a tenu à souligner vendredi M. Lehohla lors de la présentation du rapport.

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