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Un appel à la prévention face au doute sur la virulence d'un nouveau virus

Agence France-Presse - février 15, 2005
Annie Hautefeuille

PARIS, 15 fév (AFP) - Le préservatif reste la meilleure protection contre le virus du sida, insistent les experts, alors qu'une forme fulgurante de la maladie, avec un virus résistant à la plupart des traitements, a été décelée chez un New-Yorkais, faisant craindre l'émergence d'une nouvelle souche du virus.

"La seule parade à ces virus résistants, c'est le préservatif", souligne le Pr Yves Levy, de l'hopital de Créteil (région parisienne), insistant, comme d'autres spécialistes, sur l'importance d'une prévention accrue alors que celle-ci a tendance à se relacher dans les populations à risques.

En France, 6% des patients traités peuvent être en "multiéchecs sévères" avec des phénomènes de résistance à "quinze à vingt" médicaments, précise Jean-François Delfraissy, responsable d'essais thérapeutiques à l'Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS), soulignant que ce taux est stable depuis quatre ans, ce qui est plutôt rassurant.

Dans le cas du malade newyorkais, le virus multirésistant aurait déjà trouvé la parade pour échapper aux ARV de trois classes thérapeutiques différentes, soit 19 médicaments sur les 20 existants.

La résistance aux antirétroviraux utilisés contre le VIH apparaît au fil des traitements : seuls survivent, se multiplient et peuvent être transmis à d'autres malades, les virus ayant, grâce à des mutations génétiques, développé la capacité de contrer les médicaments.

Parmi les patients en primo-infection après une contamination récente en France, environ 10% aurait hérité d'un virus capable de résister à au moins un ARV, un taux stable, selon les experts.

Mais les traitements restent globalement efficaces: 70% des patients traités en France ont une charge virale indétectable, souligne le Pr Delfraissy, précisant qu'un "patient bien contrôlé sous antirétroviral et qui prend bien son traitement ne développe pas de résistances". Une observance parfaite du traitement s'avère toutefois "très difficile" sur le long cours, reconnaît-il.

Les "multirésistances sont graves pour le patient et en termes de santé publique, mais elles ne doivent pas masquer qu'il y a quand même des résultats", insiste-t-il.

Au-delà de sa résistance au traitement, le virus qui a infecté le patient newyorkais semble particulièrement virulent, car de deux à vingt mois seulement se sont écoulés entre l'infection et l'apparition de la maladie déclarée.

L'hypothèse de l'apparition d'un nouveau VIH plus virulent est jugée prématurée par plusieurs experts, alors qu'une enquête est en cours aux Etats-Unis pour "typer" le virus et retrouver d'anciens partenaires sexuels du patient ayant développé très rapidement le sida-maladie.

"Il faut voir si le virus est responsable de cette évolution particulière", explique le Pr Levy. Il se peut aussi, ajoute-t-il, que le développement fulgurant de la maladie chez ce patient, soit dû à une particularité de son système immunitaire et non au caractère très agressif du virus.

Des cas de gens évoluant vers le sida en moins de deux ans ont déjà été décrits il y a dix ans avant l'arrivée des ARV, précise le Pr Delfraissy. Depuis l'arrivée de ces médicaments, "ces patients étaient immédiatement mis sous traitement antirétroviral et ça marchait", ajoute-t-il.

Dans le cas observé à New York, c'est, résume-t-il, la combinaison de deux choses, voire d'une troisième : la multirésistance, la virulence qui n'est pas une conséquence de la multirésistance, et le fait que l'individu receveur avait probablement des anomalies de ses défenses immunitaires.

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