PEKIN, 30 nov (AFP) - Le sida continue sa progression en Chine où il se répand à partir des des groupes à risques vers l'ensemble de la population, selon un rapport annuel publié mardi par le gouvernement qui promet d'accentuer ses efforts, notamment en matière de dépistage.
"D'ici trois ans, nous pensons pouvoir stopper grosso modo la contamination par les transfusions de sang. Pour le reste, il faut ralentir la vitesse de propagation", a déclaré le vice-ministre chinois de la Santé, Wang Longde.
Selon le rapport publié conjointement par le gouvernement chinois et le groupe de travail des Nations unies sur le sida en Chine, la diffusion de la maladie des donneurs de sang rémunérés, des drogués, des prostituées et des homosexuels vers le reste de la population se poursuit.
Dans certaines régions où une enquête a été effectuée, le taux de contamination par le virus VIH du sida dépasse 1% lors des examens prénuptiaux et 5% des femmes enceintes sont séropositives, soit un taux "comparable à celui des pays voisins fortement contaminés", souligne le rapport.
"La transmission mère-enfant progresse année après année" et la proportion de femmes parmi les séropositifs est passée de 14,3% à 41% entre 1999 et 2004.
D'une manière générale, la prévalence du sida en Chine reste mal connue. Le nombre des séropositifs dépistés n'était fin septembre que de 89.067, et celui des malades du sida de 20.786, poursuit le document, qui ne fournit pas d'estimation nouvelle sur la diffusion du VIH dans le pays le plus peuplé du monde.
La dernière estimation officielle, qui remonte à 2003, fait état de 840.000 séropositifs. Selon l'Onusida, ce nombre pourrait atteindre 10 millions en 2010 en l'absence de mesures efficaces pour enrayer la progression du sida en Chine.
"Nous avons toujours la même estimation, car aucune autre enquête de grande envergure sur l'épidémie n'a été effectuée depuis. Nous allons probablement en faire une autre l'an prochain ou l'année suivante", a expliqué le vice-ministre, qui est aussi directeur du Groupe de travail du gouvernement chinois sur le sida.
"Il faut renforcer le dépistage. Des efforts ont déjà été faits dans les zones les plus touchées, mais il faut les renforcer dans les régions moins gravement atteintes", a encore déclaré M. Wang, qui a précisé que le gouvernement voulait faire en sorte qu'il y ait un hôpital capable de réaliser des tests dans chacun des 2.800 districts du pays.
Le budget du gouvernement central pour la prévention de la maladie, qui est passé de 390 millions en 2003 à 810 millions de yuans cette année, va encore augmenter l'année prochaine, a assuré le vice-ministre.
Il a reconnu que la mise en oeuvre de la politique de Pékin au niveau local n'était pas toujours facile.
"Certains dirigeants au niveau local savent qu'il y a des difficultés chez eux mais ne veulent que cela se sache de crainte d'un impact négatif sur les investissements", selon M. Wang, qui a reconnu qu'il s'agissait d'un "problème important".
De son côté, le président chinois Hu Jintao a serré mardi la main à des malades du sida à l'hôpital You'an de Pékin, appelant à mettre un terme à la discrimination qui les frappe, a rapporté l'agence Chine nouvelle.
C'est la première fois que M. Hu fait un tel geste depuis qu'il a été nommé chef de l'Etat en mars 2003. L'année dernière, le Premier ministre Wen Jiabao avait fait une apparition similaire.
Enfin, la Croix Rouge internationale a lancé un cri d'alarme contre la stigmatisation des victimes.
"Des millions de personnes se terrent dans l'ombre de la société chinoise, de peur d'être testées ou de demander une aide ou un conseil", selon un communiqué.
"La rapide progression du sida à travers le pays est accompagnée par une épidémie de rejet et d'isolation qui augmente énormément le danger d'une catastrophe en Chine", poursuit la Croix Rouge.
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