PARIS, 23 nov 2004 (AFP) - Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où "trop de pays accusent un retard fâcheux" en matière de prévention et d'information, quelque 540.000 personnes vivent avec le virus du sida (VIH) dont environ 92.000 (dans une fourchette comprise entre 34.000 à 350.000) ayant contracté l'infection en 2004, selon le rapport de l'Onusida rendu public mardi.
En 2004, le sida a tué environ 28.000 personnes dans la région, où prostitution, rapports sexuels entre hommes et consommation de drogues injectables contribuent à la transmission du VIH.
Quelque 250.000 femmes vivent avec le virus. Parmi les jeunes de 15 à 24 ans, l'infection touche 0,3% des femmes et 0,1% des hommes à la fin 2004.
Ruiné par la guerre civile et les crises humanitaires, le Soudan -surtout dans le sud du pays- reste l'Etat le plus gravement touché de la région, avec environ 400.000 adultes infectés, soit plus de 80% de toutes les personnes vivant avec le VIH au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Dans la plupart des autres pays de la région, les épidémies en sont encore à leur début, souligne l'Onusida, espérant que "des efforts efficaces de prévention seront en mesure de limiter la propagation du virus".
L'épidémie en Libye, attribuée en quasi-totalité à la consommation de drogues injectables, s'est aggravée "de manière spectaculaire" : près de 90% des 5.160 infections à VIH officiellement notifiées parmi les Libyens (à fin 2002) se sont produites entre 2000 et 2002.
Les infections à VIH en Algérie, Bahreïn, Koweït et Oman sont également attribuées à la consommation de drogues injectables, ainsi qu'en Iran.
Au Caire, en Egypte, 55% des consommateurs de drogue injectables ont reconnu avoir utilisé récemment du matériel non stérile, selon une étude publiée en 2004. Parmi ces consommateurs de drogue, les deux-tiers des personnes sexuellement actives ont déclaré n'avoir jamais utilisé de préservatif.
En Iran, 15% environ des infections à VIH enregistrées depuis le début de l'épidémie ont été notifiées durant la seule année 2003. Cette augmentation serait en partie liée à une amélioration de la surveillance, mais il est "quasi certain qu'elle révèle aussi une récente poussée épidémique due à l'injection de drogues", selon l'Onusida, qui insiste sur le risque "considérable" de transmission du virus aux partenaires sexuels.
Pour moitié d'entre eux mariés, les consommateurs de drogue injectable indiquent aussi avoir des rapports sexuels extraconjugaux. Or, l'usage des préservatifs est peu répandu, y compris parmi les prostitués, leur coût élevé étant cité comme obstacle.
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