agence france-presse
cliquez ici pour revenir à agence france - presse principal menu
DonateNow



"Miss sida Botswana" témoigne, explique et rayonne

Agence France-Presse - octobre 27, 2004
Jérôme Cartillier
cliquez ici pour version de la langue anglaise

GABORONE, 27 oct (AFP) - Il y a un an, Kgalalelo Ntsepe a été élue "Miss sida Botswana". Depuis, elle rencontre des étudiants, participe à des réunions publiques, voyage à travers le Botswana et au-delà, et lutte, inlassablement, contre l'ignorance et les préjugés qui entourent la pandémie.

Dans le centre de Gaborone, sur le mur du petit bâtiment pré-fabriqué dans lequel elle travaille, les photos couleurs de ce sacre pas comme les autres figurent en bonne place: le podium, le défilé, et le bandeau doré en bandoulière de la gagnante au milieu des 13 autres candidates.

"J'ai participé à ce concours pour briser le tabou" et "montrer qu'être séropositive ne signifie pas ne plus pouvoir faire les choses comme les autres", raconte Kgalalelo, 33 ans, qui passe, en un instant, d'un regard grave et sombre à un sourire rayonnant.

D'une voix calme et sûre, elle raconte les réactions méfiantes, incrédules voire hostiles, après ce concours, où les candidates étaient aussi jugées sur leur connaissance de la pandémie et dont l'objectif est de participer à l'éducation sur la pandémie.

"Certains m'ont dit: +tu as l'air en forme, comment peux-tu dire que tu es séropositive ? + , d'autres +tu mens, tu as été payée par le gouvernement pour dire que tu étais séropositive+".

Le Botswana, petit pays semi-désertique d'Afrique australe, est le deuxième le plus touché au monde par le sida, avec un taux de prévalence de 37,3% au sein de la population adulte. Le nombre d'orphelins est estimé à 120.000.

Originaire du village de Lecheng, à environ 300 kilomètres au nord de la capitale, Kgalalelo a découvert qu'elle était séropositive en 2001, "le 3 juillet".

"Deux fois, je suis allé au centre de dépistage, puis je suis repartie. La troisième fois, je me suis mise dans la file d'attente - une longue file d'attente - et j'ai pris un dépliant sur lequel j'ai vu tous les symptômes que j'avais". Elle a commencé peu après à prendre des anti-rétroviraux (ARV).

Au sein d'une ONG locale qui aide les jeunes face au VIH-sida, elle tente en particulier de combler le fossé qui existe entre les hommes et les femmes dans la réaction par rapport au virus.

"Les hommes pensent que c'est une maladie de femmes. Ils ne veulent pas être vus avec des femmes séropositives même s'ils sont eux-même séropositifs", explique-t-elle.

"Fière" du président botswanais, Festus Mogae, pour son engagement marqué dans la lutte contre le sida, elle voit des motifs d'espoir pour son pays en dépit de statistiques accablantes.

"Depuis que le lancement de la distribution gratuite d'ARV, les gens vont plus facilement se faire tester", explique-t-elle.

Le Botswana a été le premier pays en Afrique à mettre en place un plan de distribution gratuite d'ARV, baptisé Masa ("aube" en Setswana). Le premier site a été ouvert en janvier 2002 à Gaborone. Une vingtaine d'autres ont ouvert depuis. Environ 21.000 personnes sont aujourd'hui sous traitement ARV gratuits.

En début d'année, il a mis en place un système de "dépistage de routine" en rupture avec la politique précédente où seuls ceux qui sollicitaient un test connaissaient leur statut.

Kgalalelo a des projets en pagaille. L'Afrique du Sud et la Namibie voisines veulent suivre l'exemple et organisé leur concours de "Miss sida sans préjugés". Elle a été contactée pour couronner les lauréates.

A Gaborone, elle participe à l'organisation de la nouvelle élection de Miss 2004, qui n'aura pas lieu avant... janvier 2005: "Toutes les salles de Gaborone étaient déjà réservées à cause des élections".

Samedi, elle ira voter dans son village, pour les élections générales qui devraient assurer un deuxième mandat à Festus Mogae, au pouvoir depuis 1998.

041027
AF041088_FR


© Agence France-Presse 2004. Tous droits de reproduction et de représentations réservés. Toutes les informations, textes, photos, graphiques reproduites sur ce site ainsi que le logo de l'AFP sont protégés par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'Agence France-Presse. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.  http://www.afp.com/

AEGiS is a 501(c)3, not-for-profit, tax-exempt, educational corporation. AEGiS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, Elton John AIDS Foundation, the National Library of Medicine, Bridgestone Firestone Trust Fund, and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 2004. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.

©1990, 2004 - AEGiS. AEGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All materials appearing on AEGiS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of AEGiS, or the party credited as the provider of the content.