GENEVE, 14 oct (AFP) - La Faculté de médecine de Genève a mis au point une nouvelle molécule microbicide qui pourrait permettre d'éviter la transmission du virus du sida, sans avoir forcément recours à un préservatif, ont annoncé jeudi ses inventeurs.
La molécule, baptisée PSC-Rantes, peut être utilisée sous forme de mousse ou de crème et appliquée sur les muqueuses des organes génitaux afin de prévenir l'entrée dans le corps du VIH, le virus à l'origine du sida, lors de rapports sexuels, a expliqué le professeur Robin Offord, qui a dirigé la recherche avec le Dr Oliver Hartley.
La molécule a été testée sous forme de solution liquide chez une trentaine de macaques dans un laboratoire de Louisiane. "Nous avons été très heureux de constater que pour la première fois, un agent biologique a pu protéger tous les individus du groupe exposé à l'infection", a déclaré à l'AFP le professeur Offord, dont les travaux sont publiés vendredi dans la revue américaine Science.
Des tests sur l'homme pourraient avoir lieu dans les 12 mois qui viennent, a ajouté le chercheur, qui n'attend pas de distribution à grande échelle du traitement "avant plusieurs années".
L'équipe espère que la molécule permettra de lutter efficacement contre l'épidémie dans les pays en développement, qui rassemblent 95% des nouvelles infections et où les hommes ont trop souvent tendance à refuser le préservatif.
"S'il y a un préservatif à disposition, il vaut mieux utiliser le microbicide comme complément", a souligné le professeur Offord. "Mais nous avons à l'esprit que, dans certaines régions du monde, le préservatif n'est pas vraiment une option. Or, le gros avantage des microbicides c'est qu'ils peuvent être utilisés sous le contrôle de la femme".
Le produit a été élaboré de telle façon qu'il puisse agir, même en très petite quantité.
"Si on jette quatre poignées de notre molécule sous forme de poudre dans une piscine olympique, l'eau empêche la transmission du virus à des cellules contenues dans une éprouvette", selon le spécialiste.
Mais in vivo, des quantités beaucoup plus importantes sont nécessaires, ce qui entraîne des coûts élevés, alors que le produit doit pouvoir être accessible au plus grand nombre dans les pays pauvres.
L'Université de Genève espère que sa recherche entraîne une émulation avec d'autres chercheurs vers la mise au point d'un produit efficace et bon marché.
"Il n'est pas dit que notre molécule sera celle qui sera commercialisée", a estimé le professeur. "Ce sera peut-être une variante qui coûte moins cher. L'essentiel, c'est que quelqu'un le fasse".
041014
AF041054_FR
© Agence France-Presse 2004. Tous droits de reproduction et de représentations réservés. Toutes les informations, textes, photos, graphiques reproduites sur ce site ainsi que le logo de l'AFP sont protégés par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'Agence France-Presse. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. http://www.afp.com/
AEGiS is a 501(c)3, not-for-profit, tax-exempt, educational corporation. AEGiS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, Elton John AIDS Foundation, the National Library of Medicine, Bridgestone Firestone Trust Fund, and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 2004. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.
©1990, 2004 - AEGiS. AEGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All materials appearing on AEGiS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of AEGiS, or the party credited as the provider of the content.