ADDIS ABEBA, 12 oct (AFP) - Les communautés rurales d'Afrique sont devenues les victimes oubliées du sida, ont conclu mardi experts et responsables politico-économiques du continent réunis pour une conférence à Addis Abeba.
En Afrique, le plus gros de la prévention contre le sida est consacré aux villes, ont souligné les intervenants lors de la troisième session de débats de la Commission des Nations unies sur le sida et la gouvernance (CHGA), à laquelle participe notamment l'ancien président zambien Kenneth Kaunda.
Ces débats doivent nourrir le rapport final de la CHGA sur l'impact à long terme du sida en Afrique, qui doit être soumis en juin 2005 au secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan.
"Dans un premier temps, le sida a été considéré essentiellement comme un phénomène urbain, et c'est à ces zones que l'essentiel du traitement est consacré", a déclaré K.Y. Amoako, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, en ouvrant les débats.
"Mais nous voyons maintenant que l'épidémie s'est répandue dans les zones rurales, là où vivent la grande majorité des Africains", a-t-il ajouté.
"Des familles perdent des membres essentiels, et les communautés perdent de même les principaux producteurs de nourriture. Un savoir-faire primordial est perdu, et la structure de communautés rurales s'en va en morceaux", a-t-il insisté.
Sur les 38 millions de personnes porteuses du virus dans le monde, 25 millions vivent en Afrique, et la grande majorité sont des femmes, selon les estimations de l'Onusida.
La CHGA compte notamment dans ses rangs le directeur exécutif du Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (Onusida), le Dr Peter Piot, et la directrice générale adjointe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Joy Phumaphi.
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