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Gel microbicide anti-VIH : la réponse pourrait se trouver dans les arbres

Agence France-Presse - juillet 12, 2004
Richard Ingham
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BANGKOK, 12 juil (AFP) - Un simple citron pourrait apporter une réponse en matière de prévention du sida, en permettant de mettre au point un gel vaginal susceptible de détruire le virus du sida et de protéger ainsi des millions de femmes ayant des rapports sexuels avec des partenaires infectés.

C'est ce que viennent de suggérer des chercheurs autraliens, en s'inspirant d'anciennes traditions de régions rurales d'Asie du Sud-Est : le jus de citron s'avère contraceptif lorsqu'il est introduit dans le vagin, son acidité pouvant provoquer la destruction des spermatozoïdes.

Une équipe australienne conduite par Roger Short de l'Université de Melbourne, dont les travaux doivent être présentés mardi à la conférence internationale sur sida de Bangkok, déclare qu'une solution de jus de citron - testée en laboratoire et non sur des humains - pourrait tuer le virus de l'immunodéficience humaine (VIH).

"A condition que des essais cliniques confirment que le jus de citron intravaginal est acceptable, sûr et efficace, il pourrait s'avérer le microbicide de la nature", selon le résumé de leurs travaux.

Les chercheurs ont multiplié les efforts pour trouver des microbicides, alternatives au préservatif en matière de prévention du sida. Une crème ou gel microbicide s'avèreraient particulièrement utiles en Afrique, où les femmes représentent plus de la moitié des 25 millions de séropositifs et sont particulièrement vulnérables.

Vivant dans une situation de soumission, elles ne peuvent pas persuader ou contraindre leurs partenaires à porter un préservatif.

Discret, peu coûteux, un gel microbicide supportant la chaleur et ne nécessitant pas de réfrigération serait idéal.

Un seul microbicide, une molécule appelée nonoxynol-9, a été testée jusqu'à présent, sur plus de 400 professionnelles du sexe en Afrique occidentale, en Afrique du Sud et en Thaïlande, dont une partie recevait un placebo, donc une molécule sans effet médicamenteux, à titre de comparaison. Le résultat s'est révélé désastreux.

Les personnes utilisant du nonoxynol-9 trois fois par jour, voire davantage avaient près de deux fois plus de risque d'être infectées par le virus du sida que celles utilisant un placebo. La muqueuse vaginale était endommagée par le nonoxynol-9, produit chimique puissant, et les lésions ainsi créées facilitaient l'entrée du virus dans le sang.

Six autres vastes essais cliniques de microbicides sont en cours ou sur le point de démarrer, et la recherche a reçu une nouvelle impulsion avec la création de l'International Partnership for Microbicides.

L'équipe de Roger Short a testé plusieurs solutions de jus de citron sur du sperme d'homme souffrant du sida.

Exposer pendant une heure le VIH à une solution contenant 2% de jus de citron n'a aucun effet, mais lorsque la concentration est portée à 10%, la réplication du virus est fortement réduite, et le produit s'avère non toxique.

Une solution concentrée à 20% a permis de détruire 90% des virus en deux minutes, tout en montrant des signes de toxicité.

Une longue période de tests sera encore nécessaire pour que les citrons puissent être utilisés à cette fin. Cette recherche suscite d'ailleurs le scepticisme des experts du secteur des microbicides.

"Le concept repose sur une régulation du PH (de l'acidité) du vagin et ceci est déjà activement recherché dans le cadre du (gel appelé) Buffer Gel", a déclaré un spécialiste.

Mais Roger Short estime que ses recherches ne peuvent être ignorées. En cherchant une "Cadillac des microbicides, on a peut-être négligé le simple vélo", a-t-il déclaré la semaine dernière au journal scientifique britannique Nature.

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