BANGKOK, 11 juil (AFP) - A quelques heures de la cérémonie d'ouverture à Bangkok de la plus grande conférence internationale jamais organisée sur le sida, des cris d'alarme ont été lancés dimanche face à l'inexorable progression de la pandémie et à l'insuffisance dramatique de fonds.
La bataille contre le sida risque de devenir un échec "catastrophique" si les pays donateurs n'apportent pas une aide cruciale, a averti d'emblée le directeur du Fonds mondial, Richard Feachem.
Le Fonds mondial (Global Fund) de lutte contre le sida, la Tuberculose et le paludisme --plus grosse fondation pour le sida-- fait face à un désastre si les gros contributeurs comme les Etats-Unis et l'Europe n'apportent pas les 3,5 milliards de dollars nécessaires en 2005.
"Si le Fonds mondial ne peut continuer à apporter son soutien aux programmes contre le sida, la tuberculose et la malaria (paludisme), le résultat sera catastrophique et nous ne gagnerons pas" la bataille, a dit M. Feachem juste avant l'ouverture de la 15e conférence internationale sur le sida (IAC).
M. Feachem a admis que le Fonds aurait du mal à atteindre ses objectifs l'an prochain. Des organisations non-gouvernmentales accusent les Etats-Unis ne pas vouloir fournir le 1,2 milliard de dollars prévu en 2005, mais seulement 550 millions.
Les Etats-Unis sont régulièrement critiqués pour préférer une approche bilatérale des financements, choisissant eux mêmes les pays récipiendaires de leur aide, plutôt qu'une approche multilatérale.
L'Onusida a estimé à 20 milliards de dollars les besoins financiers de la guerre contre la pandémie en 2007.
Peu avant, le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan a lancé un avertissement à l'Asie, qui inquiète de plus en plus les experts sanitaires.
Le sida pourrait menacer les succès économiques de l'Asie, a averti M. Annan, tandis que les experts ont déjà dit redouter que la pandémie puisse dépasser en ampleur celle qui touche l'Afrique sub-saharienne si des actions décisives ne sont pas entreprises dans les trois prochaines années.
L'Onusida a déjà fait part de sa préoccupation concernant l'Inde, la Chine et l'Indonésie, trois pays qui a eux seuls comptent 40% de la population mondiale et où la sida progresse à grands pas.
"Ici en Asie, le VIH/sida est à un tournant", a déclaré Kofi Annan, "mais soyons clairs: l'avenir de cette région dépend de la manière dont est géré le défi" du sida.
"Les progrès (économiques en Asie) ont impressionné le monde entier. Vous devez les chérir et les faire fructifier. Mais surtout vous ne devez pas les laisser entamer par le VIH/sida".
Quelque 38 millions de personnes dans le monde sont porteuses du virus VIH qui détruit les défenses immunitaires de l'organisme et l'expose aux maladies opportunistes telles la tuberculose, le cancer ou la pneumonie.
Deux tiers d'entre elles vivent en Afrique sub-saharienne, mais l'Asie, avec l'Europe de l'Est, sont des régions de plus en plus menacées.
Hôte de la conférence de Bangkok, le Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra a insisté sur la nécessité d'une forte volonté politique pour lutter contre ce fléau.
Quelque 20.000 chercheurs, personnalités politiques, malades et représentants d'associations doivent se retrouver en soirée à l'extérieur de Bangkok, jusqu'à vendredi, sur le thème "Accès aux soins pour tous".
L'ancien président sud-africain Nelson Mandela sera présent, de même que des acteurs, dont l'Américain Richard Gere ou le Britannique Rupert Everett.
Avant la cérémonie d'ouverture, des militants américains et thaïlandais ont prévu une manifestation pour "demander des comptes aux chefs d'Etat, agences internationales et individus qui ne font rien contre les inégalités de l'accès aux traitements".
"Le but de notre action est de dire clairement que le monde ne va plus accepter les promesses non tenues ni les barrières politiques qui empêchent l'accès à la prévention et aux traitements des malades", ont-ils averti.
040711
AF040793_FR
© Agence France-Presse 2004. Tous droits de reproduction et de représentations réservés. Toutes les informations, textes, photos, graphiques reproduites sur ce site ainsi que le logo de l'AFP sont protégés par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'Agence France-Presse. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. http://www.afp.com/
AEGiS is a 501(c)3, not-for-profit, tax-exempt, educational corporation. AEGiS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, Elton John AIDS Foundation, the National Library of Medicine, Bridgestone Firestone Trust Fund and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 2004. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.
©1990, 2004 - AEGiS. AEGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All materials appearing on AEGiS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of AEGiS, or the party credited as the provider of the content.