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Europe de l'Est : des épidémies galopantes

Agence France-Presse - juillet 6, 2004

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PARIS, 6 juil 2004 (AFP) - L'épidémie se propage dans les pays de l'ex-bloc soviétique "à un rythme jusque là inconnu dans le monde", selon un rapport de l'Onusida rendu public mardi à l'occasion de la 15ème conférence internationale sur le sida à Bangkok (Thaïlande), du 11 au 16 juillet.

En 2003, quelque 360.000 personnes ont été infectées par le virus du sida (VIH) portant à 1,3 million le nombre de personnes vivent avec le VIH en Europe de l'Est (contre 160.000 en 1995) tandis que 49.000 décès dus au sida étaient enregistrés.

"Fait frappant, plus de 80% d'entre elles ont moins de 30 ans, contre 30% en Europe de l'Ouest ou en Amérique du Nord", souligne l'Onusida.

Le taux d'infection parmi les adultes (15-49 ans) atteint 0,6 %, soit 50% de plus que deux ans auparavant.

"Le principal moteur de l'épidémie dans toute la région est la consommation de drogues injectables, une activité qui s'est répandue de manière explosive au cours des années troublées qui ont suivi la fin du régime soviétique", selon l'Onusida.

Mais dans certains pays, la transmission sexuelle est de plus en plus fréquente, en particulier parmi les consommateurs de drogues injectables et leurs partenaires, avec le risque de voir, comme ailleurs, se propager l'épidémie dans la population générale.

En Hongrie, République tchèque, Slovaquie et Slovénie, les rapports sexuels entre hommes sont manifestement le mode de transmission prédominant.

En Europe orientale, l'Estonie, la Russie, la Lettonie et l'Ukraine sont les pays les plus affectés. Néanmoins, le virus continue à se propager au Bélarus, au Kazakhstan et en République de Moldova.

La Russie, qui compte plus de trois millions de consommateurs de drogues injectables, reste l'un des pays les plus gravement touchés de la région, avec environ 860.000 infections sur 1,3 million.

Le nombre de cas notifiés au cours des deux dernières années a baissé de 50%, peut-être en raison d'un changement dans les modes de dépistage, mais le nombre total de personnes séropositives continue à augmenter en Russie.

L'Onusida s'alarme en particulier de l'augmentation des nouvelles infections diagnostiquées chez les femmes russes: elles représentaient un nouveau cas sur quatre en 2001, à un cas sur trois l'année suivante. De 1998 à 2002, le niveau d'infection parmi les femmes enceintes a décuplé, passant de moins de 0,01% à 0,1%.

L'Ukraine compte plus de 600.000 de toxicomanes et le Kazakhstan jusqu'à 200.000. En Estonie et en Lettonie, on estime que 1% de la population adulte, essentiellement des hommes, s'injecte des drogues.

"Dans les Etats baltes, les chiffres globaux d'infection restent faibles, mais la propagation du VIH se poursuit à un rythme alarmant".

En Ukraine, une proportion grandissante de contamination par rapports sexuels non protégés n'ont aucun lien direct avec les consommateurs de drogues.

L'Asie centrale, avec un nombre croissant d'infections parmi les toxicomanes (Kazakhstan, Kirghizistan et l'Ouzbékistan notamment), est au croisement des principales routes du trafic de drogues entre l'Est et l'Ouest. A certains endroits, l'héroïne y serait moins chère que l'alcool, relève le rapport.

Un lueur d'espoir en Roumanie où l'on trouve le nombre le plus élevé d'enfants contaminés vivants en Europe, plus 7.500 : l'accès aux traitements anti-VIH pour 4.350 d'entre eux.

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