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Conférence sur le sida dans une Asie sous la menace

Agence France-Presse - juillet 5, 2004
Stephanie Wong

HONG KONG, 5 juil (AFP) - La tenue en Asie de la 15e conférence internationale sur le sida permettra de mettre en lumière la menace qui pèse sur le continent, où déjà plus d'un million de personnes ont contracté le VIH l'an dernier.

Le continent compte parmi les zones du globe les plus à risque et ce n'est pas un hasard si c'est sur son sol que se tiendra la 15e conférence sur le sida, l'une des plus importantes depuis l'apparition de l'épidémie. Elle réunira à Bangkok une vingtaine de milliers de participants, du 11 au 16 juillet.

L'Asie-Pacifique abrite 7,4 des quelque 40 millions de personnes atteintes du virus du sida, dans le monde. L'épidémie a tué un demi-million d'hommes et femmes dans le continent l'an dernier, révélait l'Onusida dans son rapport annuel publié en novembre.

La prévalence du VIH reste à un niveau faible en Asie, à moins de 1% de la population adulte, par rapport à certaines régions d'Afrique, où elle peut atteindre plus du quart. Mais "ce chiffre peut être trompeur", avertit le rapport. "Plusieurs pays sont si peuplés que les aggrégations nationales peuvent cacher de graves épidémies dans certaines provinces", selon l'Onusida.

"De plus en plus de signes annonciateurs de graves flambées de VIH menacent plusieurs pays" d'Asie, explique l'agence, mettant en cause les drogues injectables et la prostitution, si répandues "que certains pays avec des niveaux d'infection actuellement faibles pourraient être touchés par une aggravation soudaine".

L'Onusida est particulièrement inquiète pour la Chine, l'Inde et l'Indonésie, qui abritent 40% de la population de la planète, soit plus de 2,5 milliards d'habitants.

Le nombre de nouveaux cas de sida a doublé l'an dernier en Chine, passant de 10.000 en 2002 à 21.000 un an plus tard. Les chiffres officiels évaluent à 840.000 le nombre de personnes infectées par le VIH dont 80.000 ont développé le sida. Mais les agences internationales estiment que le chiffre réel est beaucoup plus élevé.

Dans certaines régions de Chine, des taux élevés de contamination ont été relevés parmi les consommateurs de drogues injectables, notamment dans le Xinjiang (nord-ouest) et le Guangdong (sud), mais aussi chez les agriculteurs pauvres des provinces centrales qui survivent en vendant leur sang.

En Inde, jusqu'à 4,6 millions de personnes, sur une population de plus d'un milliard, sont considérées comme séropositives. Dans ce pays, "le problème principal est que près de 80% de la population infectée n'a pas conscience de sa contamination", explique I.S. Gilada, secrétaire général de l'Organisation pour la santé, organisation non gouvernementale locale.

De ce fait, les traitements médicaux, même quand ils sont gratuits, ne trouvent souvent pas preneurs. Seules 500 personnes bénéficient des 100.000 traitements offerts par le gouvernement dans les Etats les plus affectés depuis le 1er avril, indique M. Gilada.

En Indonésie, c'est le manque de ressources qui ralentit le combat. Les séropositifs y sont avant tout des utilisateurs de drogue injectable, au nombre de 160.000 dans l'archipel. Vingt-cinq pour cent d'entre eux sont contaminés mais ce taux atteint "40 à 50% dans les zones urbaines", selon Jane Wilson, représentant dans le pays d'Onusida.

Les politiques mises en place par le gouvernement sont judicieuses mais elles touchent "moins de 10% de la population à risque", regrette le responsable.

Un financement international plus important pourrait aider à lutter contre le phénomène mais l'Indonésie "est un pays immense et où la coordination est difficile", souligne M. Wilson.

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