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Les industriels veulent former le personnel hospitalier aux dangers du sang

Agence France-Presse - Avril 27, 2004
Philippe Coste

PARIS, 27 avr (AFP) - Les fabricants de matériel médical se sont officiellement engagés mardi à former le personnel soignant français aux risques d'accidents et de contamination posés par les dispositifs médicaux "non sécurisés", qu'ils espèrent, à terme, voir remplacés par des équipements plus sûrs.

"Le passage du matériel non sécurisé au matériel sécurisé coûterait 42 millions d'euros, au moins 10 millions d'euros de moins que la prise en charge des agents qui se piquent ou se coupent", estime Didier Gerbaud, un des responsables du syndicat national de l'industrie des technologies médicales (Snitem).

Chaque année, plus de 150.000 infirmiers, laborantins, aides-soignants ou médecins sont involontairement exposés à des agents pathogènes comme les virus du sida ou des hépatites en effectuant des prélèvements, des injections ou en posant des cathéters.

A ce jour, 13 contaminations professionnelles par le virus du sida et une bonne quarantaine par celui de l'hépatite C ont été officiellement recensées en France. 47% des victimes sont des infirmiers et 22% des laborantins.

Selon les études épidémiologiques, le risque "moyen" de transmission après une exposition percutanée au sang d'un patient infecté est de 0,3% pour le virus du sida, de 2% à 3% pour le virus de l'hépatite B et de 2% à 40% pour celui de l'hépatite C.

Les infirmières - elles sont 351.000 en France - sont particulièrement exposées à ces dangers, notamment lors de l'utilisation d'aiguilles.

Selon les estimations du Snitem, dans un hôpital moyen, le personnel subit environ 30 expositions accidentelles au sang par piqûre pour 100 lits et par an, soit environ 150.000 par an dans les hôpitaux et cliniques, sans compter la médecine libérale.

Conversion "quasi-inexistante"

Les bilans sanguins, les consultations et la trithérapie qui est prescrite si le malade soigné au moment de la piqûre était porteur d'un virus, reviennent à environ 500 euros.

"Au total, en partant de l'hypothèse que seuls 100.000 de ces accidents sont déclarés, le coût de la prise en charge de ces accidents peut être évalué à 50 millions d'euros par an", soulignent les industriels.

Selon eux, des efforts notables ont été faits dans les hôpitaux publics où 80% du matériel d'injection est désormais composé d'appareils à aiguilles rétractables.

"Dans le monde médical libéral au contraire, la conversion est quasi-inexistante", estime Didier Gerbaud.

"Le principal frein invoqué est le coût mais celui-ci doit être mis en parallèle avec les dépenses entraînées par le traitement d'un agent exposé accidentellement à du sang infecté", souligne le Dr Dominique Abiteboul, médecin du travail à l'hôpital Bichat-Claude-Bernard à Paris.

Les industriels du Snitem soulignent que la formation du personnel soignant - qui demande quelques heures seulement - pourrait être immédiatement mise en chantier.

"Aucune règlementation complémentaire n'est nécessaire. Plusieurs directives européennes et arrêts de la Cour de cassation insistent déjà sur l'obligation, pour les employeurs, de prévenir les risques auxquels peuvent être exposés leurs employés et de leur fournir des moyens de protection adaptés", rappelle le Snitem.

Aux Etats Unis, depuis 2000, une loi oblige les établissements de soins à prévenir les risques de piqûres accidentelles. En Europe, l'Espagne, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont entamé un processus identique, souligne le Snitem.

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