DUBLIN, 24 fév (AFP) - Les dirigeants d'Europe et d'Asie centrale doivent se mobiliser pour protéger leurs populations de la menace du sida, qui connaît une progression sans précédent dans cette partie du globe, selon une déclaration publiée mardi à Dublin, à l'issue d'une conférence internationale sur ce thème.
Les représentants de 55 pays d'Europe et d'Asie centrale ont décidé d'un ensemble de mesures destinées à enrayer la progression du VIH, particulièrement chez les jeunes, à l'issue d'une conférence organisée lundi et mardi par les autorités irlandaises.
L'Irlande assure depuis le 1er janvier la présidence semestrielle de l'UE.
En tout premier lieu, cette déclaration appelle les dirigeants de cette partie du monde à prendre leurs responsabilités, au plus haut niveau politique, en favorisant entre autres l'information et l'éducation, ainsi que l'accès aux traitements pour ceux atteints par le VIH.
Plusieurs intervenants ont souligné l'importance de cette mobilisation politique pour contrecarrer la pandémie, qui a connu ces dix dernières années dans cette région le taux de progression le plus rapide du monde. En 1998, seulement 30.000 personnes y étaient séropositives contre 1,5 million actuellement, a indiqué le directeur d'Onusida, Peter Piot.
"Le vrai problème ici, c'est le leadership", a réaffirmé mardi au cours d'une conférence de presse Carol Bellamy, directrice générale de l'Unicef, le Fonds des Nations unies pour l'enfance. Le ministre irlandais des Affaires étrangères Brian Cowen s'est engagé à faire de la lutte contre le sida l'un des sujets principaux du dialogue Europe/Etats-Unis.
La conférence a également appelé au développement de programmes spécifiquement destinés aux toxicomanes, qui sont à l'origine de la propagation du VIH dans cette région du monde. Des seringues propres et des drogues de substitution sont notamment préconisées, ainsi qu'un renforcement des possibilités de traitement des toxicomanes.
L'injection de drogue par intraveineuse est à l'origine de la progression fulgurante du sida en Europe de l'Est et en Asie centrale, a rappelé mardi Kalman Milzsei, directeur régional pour l'Europe du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Le VIH se propage ensuite par voie sexuelle et cette conférence a souligné combien il était important que les jeunes -80% des personnes atteintes par la maladie ont moins de 30 ans- aient la "possibilité de se protéger contre les risques d'infection par le VIH", en favorisant notamment l'accès aux préservatifs masculins ou féminins.
La conférence s'est également engagée à éliminer toute possibilité de contamination de mère à enfant d'ici à 2010. Cet objectif a été presque totalement atteint en Europe de l'Ouest et il est donc possible d'en faire autant à l'Est, a assuré Gujon Magnusson, l'un des responsables en Europe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les représentants de ces 55 pays ont réclamé que d'ici à l'an prochain, toutes les personnes atteintes par la maladie puissent avoir accès à des traitements, ce qui est encore loin d'être le cas dans certains pays d'Europe de l'Est ou d'Asie centrale.
"Je vis avec le VIH depuis plus de dix ans. Je suis ici aujourd'hui parce que j'ai la chance de vivre dans un pays où les traitements sont disponibles", a témoigné à ce sujet Raoul Fransen, venu des Pays-Bas.
Il faut aussi que d'ici à 2010 quelque 80% des personnes présentant le plus de risques de contracter la maladie aient accès à des programmes de prévention et d'information, ont estimé les conférenciers.
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