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Education-santé-sida: Découvrir l'amour, le sida et la mort à l'école

Agence France-Presse - décembre 1, 2003
Isabel Malsang

PARIS, 1er déc (AFP) - Lundi matin, quinze élèves de seconde parisiens écoutent les explications d'une animatrice devant le "musée du préservatif" du Centre régional d'information et de prévention du sida (CRIPS). A côté d'eux, des cercueils sur une planisphère illustrent les ravages de la pandémie dans le monde.

A l'occasion de la journée internationale de la lutte contre le sida, une classe de seconde du lycée Camille Sée, dans le 15e arrondissement de Paris, est venue au CRIPS, comme toutes les autres classes de seconde du lycée.

Le ministre de l'enseignement scolaire Xavier Darcos est là aussi, ainsi que le président du conseil régional Jean-Paul Huchon, qui finance le Centre, pour voir in situ comment on organise la prévention du sida et l'encourager.

"Nous voyons bien que ces jeunes, qui paraissent si décontractés dans leur allure et leur habillement, si libérés dans leurs relations à la sexualité, ne sont pas si affranchis que ça", dit M. Darcos.

L'animatrice confie qu'elle est "presque sûre" que "la plupart de ces jeunes (entre quinze et dix-sept ans) n'ont pas encore eu leur première relation sexuelle". "Mais ils sont assez bien informés", estime-t-elle. A l'exception du préservatif féminin, dont elle leur explique le fonctionnement à l'aide d'une maquette en trois dimensions.

Deux profs restent en retrait. La première qui enseigne l'histoire-géo a abordé le sida en classe "sous l'angle géo-politique". La seconde, qui enseigne les sciences et vie de la terre "a analysé le virus sur le plan technique".

"Il est très difficile, voire impossible, d'aborder tout ce qui touche à la sexualité et à l'intime dans le cadre scolaire", estime l'animatrice du CRIPS. La seule personne d'un lycée qui fasse le lien entre les connaissances scientifiques et les questions personnelles des ados, c'est l'infirmière scolaire, qui reçoit grandes et petites confidences.

Celle du lycée Camille Sée participe à la visite. "Ce qui me frappe surtout c'est l'impossibilité de parler de sexe dans certaines familles pour des questions de religion", dit-elle.

Serrée dans un manteau blanc au premier rang, Yasmine, 17 ans, opine: "C'est un sujet tabou". "Je suis musulmane et j'ai la chance d'avoir une mère très ouverte avec qui je parle librement ainsi qu'avec ma grande soeur". Du coup, la jeune fille, qui avoue "avoir toujours un préservatif" sur elle depuis un an, est devenue la "conseillère" de ses copines.

Le ministre semble conscient des difficultés. Il se déclare "soucieux que tous les versants de l'amour soient abordés en classe, en littérature par exemple". "Il ne serait pas bon de ne parler que de sexualité fonctionnelle", affirme-t-il. "Je ne crois pas que la solution soit l'installation de distributeurs de préservatifs dans tous les lycées. Nous devons rester des éducateurs et pas seulement des informateurs sexuels".

La visite se termine. Les ados s'attardent devant un panneau en papier kraft où ils sont invités à écrire ce qu'ils veulent. La leçon a été plus ou moins bien comprise: à côté de "La manière la plus sûre de ne pas attraper le sida est de mettre des capotes ou de s'abstenir", un machiste anonyme a écrit: "un minou c'est un minou, la bite n'a pas d'oeil".

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