NAIROBI, 30 nov (AFP) - Le PAM a rappelé qu'une bonne alimentation est "la première ligne de défense contre le sida", à la veille de la célébration lundi de la Journée mondiale contre le sida.
Le PAM (Programme alimentaire mondial), saluant le lancement par l'Organisation mondiale de la Santé (Oms) d'une campagne pour réunir d'ici 2005 des médicaments anti-rétroviraux destinés à soigner trois millions de personnes, a fait valoir que "les médicaments ne peuvent être vraiment efficaces que s'ils sont combinés avec une bonne alimentation".
"Au moins, nous pouvons voir qu'il existe au sein de la communauté internationale une volonté de se confronter au problème du sida", écrit le PAM dans un communiqué parvenu au bureau de l'AFP à Nairobi durant le week-end.
"Il est important de garder à l'esprit qu'un traitement réussi avec des anti-rétroviraux dépend également de la qualité de l'eau et d'une alimentation riche en protéines (...), un luxe que la plupart des personnes vivant avec le HIV dans des pays en développement n'ont pas", poursuit le document, citant le directeur du PAM James Morris.
Le communiqué ajoute qu'avec une bonne alimentation, les personnes infectées par le HIV sont plus à même de combattre des infections comme la tuberculose, maladie qui touche une personne sur trois atteintes du sida.
Environ onze millions d'enfants sont orphelins du sida sur le continent africain, où le PAM travaille avec des gouvernements pour intégrer la prévention contre le HIV/sida dans les programmes scolaires sur l'alimentation.
"Une aide alimentaire, poursuit le communiqué, peut soulager les enfants de leurs responsabilités croissantes en tant que principale source de revenus (au sein de leur famille), en leur permettant de retourner à l'école (....) et permettre aux parents vivant avec le virus HIV de vivre plus longtemps et de continuer à s'occuper de leurs familles".
En août, le PAM a commencé la mise en oeuvre d'un programme conjoint avec le gouvernement kényan aux termes duquel l'organisation fournira une aide alimentaire d'une valeur de deux millions de dollars à des milliers de familles kényanes s'occupant d'enfants devenus orphelins à cause du sida.
Anastansia Adikinyi, qui vit dans le village de Sikuma dans le district de Busia (sud-ouest), est l'une des personnes bénéficiant de cette aide.
"Je n'allumais pas la lampe dans ma maison car j'avais peur de regarder mes enfants qui avaient faim; mais aujourd'hui je reçois de la nourriture du PAM et je vais allumer ma lampe pour pouvoir les regarder manger", raconte-t-elle.
M. Morris a ajouté que "sans aide alimentaire, les personnes les plus pauvres vivant avec le HIV devront toujours avoir à choisir entre un traitement médical et leur prochain repas, même si les médicaments sont gratuits".
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