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Brésil-sida: Le Brésil pionnier ne relâche pas son effort national contre le sida

Agence France-Presse - novembre 29, 2003
Claire de Oliveira
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RIO DE JANEIRO, 29 nov (AFP) - La politique pionnière du Brésil en matière de lutte contre le sida a permis de réduire de moitié les décès liés à cette maladie depuis 1997, mais les autorités entendent encore faire baisser le taux d'incidence de 30% au cours des trois prochaines années.

Actuellement ce pays de 170 millions d'habitants a stabilisé à 22.000 le nombre de nouveaux cas par an contre 25.000 dans les années 1990.

"Le Brésil lutte depuis 20 ans contre l'épidémie. Nous avons réussi à inverser les pronostics d'une épidémie explosive. On nous prédisait une situation semblable à celle de l'Afrique en raison du taux de démographie. Nous sommes arrivés 20 ans après à une situation différente", s'est félicité le responsable du programme brésilien anti-sida, Alexandre Grangeiro.

Ce sociologue a succédé en juillet dernier au premier Monsieur Sida du Brésil depuis 1983, Paulo Texeira, un dermatologue.

Ce dernier a été appelé à travailler à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) où l'expérience brésilienne servira de base à l'élaboration de la nouvelle politique de lutte contre le sida dans le monde.

Le Brésil prône une distribution gratuite et universelle des médicaments contre le sida et réclame des mesures d'assouplissement des règles concernant les licences ou l'application de prix plus abordables. Le programme brésilien de lutte contre le sida a remporté le Prix Gates de Santé Mondiale 2003.

Mais, si le Brésil estime positif d'avoir stabiliser l'épidémie, il considère le taux d'incidence encore trop élevé.

"Il faut faire baisser encore le taux d'incidence de 30% d'ici en 2006. Aujourd'hui, il existe 15 cas de sida pour chaque groupe de 100.000 habitants. Il faut arriver à 10 ou 11 cas", a souligné M. Grangeiro.

Pour cela, il est nécessaire d'intensifier les campagnes de prévention et améliorer la qualité des services.

Actuellement, 135.000 Brésiliens - soit la totalité de ceux qui ont connaissance de leur maladie - bénéficient du programme gouvernemental anti-sida et de la distribution gratuite de 15 médicaments anti-rétroviraux dont sept sont des génériques fabriqués au Brésil.

Le ministère de la Santé évalue à 400.000 le nombre de Brésiliens séropositifs qui ignorent qu'ils sont contaminés.

"Cette année nous avons incorporé le tenofovir et l'atazanavir, les remèdes les plus récents. Nous avons négocié une réduction d'environ 75% par rapport à leur prix aux Etats-Unis", a expliqué M. Grangeiro en précisant que "65% des dépenses du ministère de la Santé pour le sida correspondent à l'achat des médicaments".

En 1997, le Brésil a lancé sa propre production de médicaments génériques et a réussi à diminuer jusqu'à 80% le prix de certains traitements contre le sida à l'issue de plusieurs bras de fer avec les grands laboratoires pharmaceutiques étrangers.

Grâce à l'économie ainsi générée le Brésil va pouvoir augmenter ses dépenses de prévention, de 140 millions de reals (40 millions d'euros) cette année à 245 millions en 2004 (70 millions d'euros), soit 75% de plus.

Le Brésil entend également répondre à l'extension de l'épidémie chez les jeunes d'âge scolaire et a entrepris en août dernier la distribution gratuite de préservatifs dans les écoles publiques.

Fin octobre, le gouvernement a lancé une campagne publicitaire pour encourager la population à se soumettre au test du sida.

Il a pris soin d'orienter une partie de la publicité vers les personnes mariées puisque le nombre de femmes contaminées par leur mari augmente tous les ans. L'un des slogans illustre cette préoccupation: "Si vous faites l'amour sans préservatif, faites le test du sida. Le mariage n'est pas une garantie de protection".

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