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Inde-sida-santé: Préservatif et coupe de cheveux, ou la lutte contre le sida en Inde

Agence France-Presse - novembre 28, 2003
Anjali Wkatrak
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NEW DELHI, 28 nov (AFP) - Dans sa boutique d'un bidonville de New Delhi, Dinesh Takur donne un préservatif à ses clients après chaque coupe de cheveux, dans un effort moins dérisoire qu'il n'y parait pour stopper la progression du SIDA en Inde.

Takur, 38, ans, est l'un des coiffeurs qui ont suivi une formation organisée par une organisation suisse non gouvernementale, FXB, pour faire prendre consicence aux Indiens des risques du sida.

"Les gens ne parlent généralement pas du sida ouvertement et il y a des tas de choses qu'ils ignorent. Mais maintenant que j'ai beaucoup appris sur la maladie et la prévention, je peux en discuter avec mes clients, dit-il en maniant le rasoir.

FXB espère que son projet, débuté l'an dernier, permettra d'atteindre les 7.000 coiffeurs de Delhi et par leur biais une grande partie de la population de la capitale.

"Les salons de coiffure sont un lieu d'échange de potins où les hommes peuvent discuter ouvertement de sexualité", explique le Dr Jagdish Harsh, directeurd de FXB en Inde. L'ONG projette d'étendre son initiative aux salons de beauté pour toucher les femmes.

Selon les spécialistes, ce genre de méthode joue un rôle non négligeable dans la lutte contre la propagation du sida en Inde, où 4,58 millions de personnes sont officiellement contaminées par le virus. Ce chiffre fait de l'Inde le deuxième pays le plus touché au monde, juste derrière l'Afrique du Sud.

D'autres pensent que le chiffre réel se situe bien au-delà.

"Il s'agit d'une épidémie qui se propage de manière silencieuse et invisible. C'est une urgence", dit la présidente de FXB, Albina du Boisrouvray, qui craint un schéma à l'africaine.

"L'Inde peut être différente mais nous devons prendre toutes les mesures possibles et cela risque d'être difficile avec les tabous culturels sur la sexualité, l'homosexualité et les relations hors mariage", dit-elle.

L'attitude des autorités ne facilite pas toujours la tâche.

Le ministre de la santé, Sushma Swaraj, a appelé à concentrer les efforts sur l'abstinence plutot que les préservatifs, apparemment sous la pression des hindouistes conservateurs proches du gouvernement nationaliste.

Les autorités avaient déjà réagi vivement l'an dernier au soutien apporté par la fondation de Bill et Melinda Gates, qui a promis 200 millions de dollars pour lutter contre le sida en Inde, à une étude prévoyant que 20 à 25 Indiens seraient contaminés d'ici 2010.

Le ministre de la santé de l'époque, Shatrughan Sinha, avait accusé le couple de "semer la panique".

Son successeur, Mme Swaraj, reconnaît qu'"il faut se débarrasser des stigmates liés à la maladie et sur ce front la bataille est difficile en Inde".

La prise de conscience a progressé dans les villes mais est particulièrement difficile dans les campagnes et les petites villes où vit 85% du milliard d'Indiens.

Pour le Dr Kenneth Wind-Andersen, directeur d'ONUSIDA en Inde, le pays se débat avec des moyens limités et les scénarios du pire ne sont pas certains. "Certaines prévisions se basent sur l'hypothèse que rien n'est fait. Mais l'Inde fait ce qu'elle peut", dit-il.

aid.

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