PARIS, 25 nov (AFP) - La lutte contre le sida dont 3 millions de personnes sont mortes cette année dans le monde est encore loin d'être à la hauteur pour "écraser" l'épidémie, avertit l'Onusida dans un rapport rendu public mardi.
Chaque jour, quelque 14.000 personnes sont infectées par le sida.
"Le choix est clair", prévient l'Onusida, "la lutte contre le sida est à un carrefour : soit nous nous satisfaisons de petits progrès ici et là, soit nous pesons de tout notre poids sur l'épidémie pour l'écraser".
En particulier, les financements, quoique en hausse, restent trop faibles pour combattre le sida dans les pays en développement : plus de 10 milliards de dollars seront nécessaires en 2005. Avec l'augmentation des besoins, d'ici 2007, cette somme devra passer à quelque quinze milliards par an pendant au moins dix ans.
Pour atteindre dix milliards de dollars, voire plus, en 2005, les fonds devront avoir plus que doublé par rapport à 2003.
Cinq millions de personnes ont contracté le virus du sida (VIH) cette année, ce qui porte à 40 millions le nombre de porteurs du virus sur cette planète, dont 2,5 millions d'enfants de moins de 15 ans, selon l'agence des Nations Unies.
L'Afrique subsaharienne reste de loin la région la plus durement touchée par l'épidémie de VIH/Sida. En 2003, quelque 26,6 millions d'Africains vivent avec le VIH, dont 3,2 millions ont contracté l'infection au cours de l'année écoulée.
Grâce aux génériques, le coût annuel du traitement antirétroviral hautement actif ou trithérapie, qui était de 10.000 à 12.000 dollars par malade début 2000, est tombé à un peu moins de 300 dollars par personne pour l'association de molécules la moins chère, selon le rapport destiné à faire "le point sur l'épidémie du sida en 2003".
reprise des comportements sexuels à risque
Pourtant, le nombre de malades ayant accès aux trithérapies atteint péniblement 800.000 dans le monde, dont 500.000 dans les pays riches qui ne regroupent que 1,6 million de personnes contaminées.
L'Onusida s'est fixé un objectif : "Garantir l'accès aux antirétroviraux à 3 millions de personnes d'ici à la fin de 2005".
Pour le moment, en dépit des progrès, le nombre des "chanceux" africains - quelque 50.000 seulement fin 2002 avaient accès à ces traitements - frise tragiquement le ridicule.
En Asie et dans le Pacifique, où 485.O00 personnes sont mortes du sida en 2002, seulement 43.000 malades bénéficiaient d'un traitement.
Dans la région Amérique Latine et Caraïbes, quelque 200.000 personnes étaient traitées fin 2002.
La recrudescence des maladies sexuellement transmissibles comme la "chaude-pisse" (blennorragie) en Australie, au Japon, en Europe occidentale et aux Etats-Unis témoigne d'une reprise des comportements sexuels à risque, en particulier parmi les jeunes, notamment homosexuels.
Le manque d'information sévit encore dans des pays comme les Etats-Unis, où l'on estime que "globalement, un quart au moins des 850.000 à 950.000 personnes infectées ne savent pas qu'elles sont séropositives". Le sida constitue maintenant la première cause de décès parmi les femmes noires américaines entre 25 et 43 ans.
La situation s'aggrave en Chine, en Indonésie, dans des pays de l'ex-URSS, ou encore en Afrique du Nord.
Fin 2002, l'Inde comptait déjà entre 3,82 et 4,58 millions d'habitants infectés. Le cas de l'Indonésie n'est guère plus rassurant quand on sait que "moins de 10% des 7 à 10 millions d'Indonésiens fréquentant les professionnel(le)s du sexe utilisent systématiquement un préservatif".
L'an dernier, le nombre total des personnes vivant avec le VIH/sida était estimé à 42 millions. L'amélioration de la surveillance épidémiologique montre que cette population est légèrement plus réduite. Mais cette apparente baisse ne représente aucunement une régression de l'épidémie qui au contraire s'aggrave, met en garde l'Onusida.
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