OSLO, 4 nov (AFP) - La lutte contre le sida, au-delà de ses aspects humanitaires, est aussi une question de sécurité internationale, à l'instar de la guerre contre le terrorisme, a estimé l'ancien président américain Bill Clinton mardi à Oslo.
Alors qu'on lui demandait si le sida était une menace plus sérieuse que le terrorisme, M. Clinton a répondu que l'"on ne peut pas penser à l'un en excluant l'autre".
"On devrait continuer de combattre le terrorisme mais il faut qu'on se rende compte que cette question du sida est aussi une question de sécurité", a-t-il souligné, paraphrasant l'ancien Premier ministre israélien Yitzhak Rabin qui avait un jour déclaré qu'il fallait combattre comme s'il n'y avait pas de négociations et qu'il fallait négocier comme s'il n'y avait pas de combats.
"C'est une question humanitaire mais c'est aussi une question de sécurité: la Norvège serait moins en sécurité si la Russie (pays voisin, ndlr) avait 20% de sa population infectée par le VIH à l'instar de l'Afrique du Sud", a ajouté l'ancien occupant de la Maison Blanche.
M. Clinton a créé une Fondation qui contribue à la lutte contre le sida en Afrique et dans les Caraïbes. Il a annoncé le 23 octobre un accord avec quatre sociétés pharmaceutiques afin de permettre aux pays en développement d'acquérir à des prix abordables des médicaments contre la maladie.
"Il me semble que si nous croyons en la démocratie, si nous croyons en la liberté, si nous voulons davantage de partenaires et moins de terroristes, nous autres devons faire quelque chose concernant le problème du sida en Afrique et dans le reste du monde", a affirmé M. Clinton à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre norvégien Kjell Magne Bondevik.
Le prédécesseur de George W. Bush a aussi estimé que la propagation de la maladie pourrait être le facteur d'"une massive instabilité politique" dans les pays de l'ex-Union soviétique ou dans les Caraïbes.
"Si l'on passe au cours de la décennie de 40 millions à 100 millions de cas de sida comme cela a été prédit, on aura un changement considérable de la vie politique" dans ces pays, a-t-il averti, avant d'ajouter: "On pourrait y perdre des démocraties".
C'est "tout simplement fou" car "il est à cent pour cent possible d'éviter" une telle propagation de la maladie grâce, par exemple, à des médicaments empêchant la transmission du VIH entre une mère séropositive et son enfant, a souligné M. Clinton.
La Norvège a de son côté annoncé un prochain partenariat avec la Fondation Clinton pour combattre le sida en Tanzanie et au Mozambique.
"Notre contribution pourrait atteindre 25 millions de dollars sur les cinq prochaines années, pourvu que la coopération s'avère réussie", a indiqué M. Bondevik.
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