PARIS, 31 oct (AFP) - Une équipe de médecins anglo-zambiens affirme, dans la revue médicale The Lancet à paraître samedi, avoir mis au point un test particulièrement économique de surveillance des traitements antirétroviraux du sida à partir de la mesure d'une enzyme repérée dans une goutte de sang déposée sur un papier filtre.
Un tel test pourrait avoir une valeur "inestimable" au moment où les traitements antirétroviraux commencent à devenir disponibles dans les pays en développement où le compte des CD4 - des cellules du système immunitaire - est, lui, "irréaliste", estiment les auteurs de cette recherche, le Dr Alimuddin Zumla, du University College, de Londres, et ses collègues du University Teaching Hospital, de Lusaka, en Zambie.
Le comptage de ces cellules est essentiel pour évaluer la réponse de l'organisme des patients aux traitements qui leur sont proposés.
Un faible nombre de CD4 dans le sang constitue l'indicateur principal à partir duquel les médecins décident d'entamer une thérapie intensive. De même, une remontée des CD4 à plus de 200 par millilitre de sang constitue la preuve d'un redémarrage "raisonnable" du système immunitaire des malades du sida.
Les auteurs de cette publication ont travaillé à partir des échantillons sanguins de 42 sidéens zambiens : des gouttes de sang ont été prélevées puis séchées sur du papier filtre. Le comptage des CD4 a ensuite été effectué avec un test disponible dans le commerce puis, à titre comparatif, avec le système de calcul par cytométrie en flux, considéré comme "la" référence en ce domaine.
"De nombreux pays africains commencent à avoir recours aux thérapies anti-rétrovirales, mais le contrôle de ces traitements n'est malheureusement pas disponible pour la majorité des malades pauvres qui vivent loin des villes où sont installés cliniques et hôpitaux", écrit le Dr Alimuddin Zumla.
"De plus, ajoute-t-il, la méthode par cytométrie est chère alors que notre méthode permettrait, au contraire, de fabriquer un test bon marché pour évaluer le succès des traitements parmi les malades des zones rurales".
Selon ce médecin, ce test enzymatique pourrait également être utilisé pour mesurer la charge virale (la quantité de virus présente dans le sang), un autre test de suivi du traitement extrêmement cher.
"A Abidjan, les tests de charge virale peuvent coûter une centaine de dollars, soit l'équivalent d'un mois et demi de trithérapie, alors que la mesure des CD4 ne coûte, elle, que 25 dollars", soulignait en juillet 2002 le Pr Michel Kazatchkine, directeur de l'Agence française de recherche sur le sida, à l'occasion de la conférence de Barcelone.
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