NEW YORK, 23 oct (AFP) - L'ancien président américain Bill Clinton a annoncé jeudi à New York un accord avec quatre sociétés pharmaceutiques afin de permettre aux pays en développement d'acquérir des médicaments contre le sida abordables.
La Fondation Clinton a conclu un accord avec quatre fabricants de médicaments génériques - les compagnies indiennes Ranbaxy, Cipla, Matrix et la sud-africaine Aspen Pharmacare Holdings - pour réduire d'un tiers à la moitié le prix des antirétroviraux. Le coût de la trithérapie passerait alors à 36-38 cents par jour et par malade.
Aujourd'hui les traitements génériques coûtent 55 cents, les médicaments de marque 1,54 dollar.
Ce plan, intervenu au terme de sept mois de négociations, concerne l'Afrique et les pays des Caraïbes, où la Fondation Clinton travaille. La Fondation espère que deux millions de malades pourront recevoir ces trithérapies d'ici 2008.
L'équipe de Bill Clinton a notamment travaillé avec ces entreprises pour trouver des moyens de réduire les coûts de production, des matières premières aux emballages.
"La crise du sida dans les pays en développement appelle une réponse urgente de la communauté internationale. J'applaudis ces fabricants pour avoir agi de la bonne façon", a déclaré M. Clinton.
L'ex-chef d'Etat a aussi exercé un lobbying personnel auprès de pays riches, afin qu'ils financent l'achat de médicaments et plus généralement les systèmes de santé publique, par des fonds versés directement aux pays dans le besoin. M. Clinton cite l'engagement du Canada et de l'Irlande, à l'égard du Mozambique et de la Tanzanie.
Sa Fondation, entourée d'universitaires et experts, a depuis début 2003 entrepris d'aider plusieurs gouvernements africains (Mozambique, Rwanda, Afrique du Sud, Tanzanie) et des Caraïbes à mettre en place des politiques de prévention et de prise en charge.
Dans le monde 42 millions de personnes sont malades ou porteuses du virus VIH, 5 à 6 millions ont besoin de traitements vitaux. Dans les pays en développement, seuls 300.000 bénéficient d'antirétroviraux, dont plus du tiers au Brésil. En Afrique sub-saharienne en particulier, seuls 50.000 reçoivent ces traitements, sur 4 millions de malades.
L'annonce de M. Clinton intervient alors que le plan anti-sida du président George W. Bush rencontre des difficultés au Congrès.
M. Bush avait annoncé en janvier vouloir consacrer 15 milliards de dollars sur cinq ans à la lutte contre le sida, en particulier en Afrique. Mais le Sénat et la Chambre des représentants, où son parti républicain est majoritaire, ont réduit les sommes prévues au budget 2004.
Rockstar et militant de la cause africaine, Bono a qualifié jeudi de "percée majeure" le plan Clinton, qui selon lui "montre que nous pouvons, et devons, lancer avec succès une guerre contre cette maladie".
"Aujourd'hui, ce dont nous avons besoin c'est l'argent, à la hauteur de la crise. Nous attendons de voir ce que le Congrès américain et les autres pays riches vont faire," a ajouté le chanteur, qui avait en septembre rencontré M. Bush pour lui exprimer ses craintes que les Etats-Unis n'honorent pas leurs promesses.
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