JOHANNESBURG, 17 oct (AFP) - Deux géants pharmaceutiques ont été jugés coupables par la Commission sud-africaine de la concurrence de gonfler les prix de leurs médicaments anti-rétroviraux destinés aux personnes atteintes du VIH/sida et sont menacés d'une amende de 10% de leur chiffre d'affaires en Afrique du Sud.
"Ces compagnies (la britannique GlaxoSmithKline et l'allemande Boehringer Ingelheim) ont abusé de leur position dominante sur leurs marchés respectifs des anti-rétroviraux", a annoncé la Commission dans un communiqué diffusé vendredi à Johannesburg.
Cette politique prive les concurrents d'accès à ces services essentiels, a indiqué une porte-parole de la commission, Dani Cohen.
Le jugement se base sur des plaintes déposées par "plus de 10 individus ou groupes", dont la Fondation AIDS Healthcare, le plus grande organisation américaine de lutte contre le sida, et la Campagne d'action pour le traitement (TAC), un groupement sud-africain dont les actions de protestation sont à l'origine de l'annonce en août dernier par le gouvernement d'un plan national de lutte contre la pandémie, a-t-elle expliqué.
La Commission sud-africaine de la concurrence est un corps indépendant chargé de s'assurer que les entreprises exercent une concurrence loyale et n'abusent pas de positions dominantes.
Menzi Simelane, membre de la Commission, a indiqué dans le communiqué que l'enquête menée avait révélé que chacune des deux entreprises "ont refusé de céder leur licence, contre des royalties raisonnables, à des laboratoires locaux pour la fabrication d'équivalents génériques".
"Nous allons recommander une pénalité de 10% du chiffre d'affaires (réalisé en Afrique du Sud par ces entreprises) pour chacune des années où il s'est avéré qu'il y a eu violation de la loi (sur la concurrence)", a-t-il ajouté.
La Commission est chargée d'enquêtes et fait ses recommandations au Tribunal de la concurrence qui décide ensuite de les avaliser ou non.
GlaxoSmithKline et Boehringer Ingelheim détiennent les licences pour l'Afrique du Sud de certains anti-rétroviraux, dont la Névirapine et l'AZT.
Leurs porte-parole respectifs ont indiqué que les compagnies allaient tenter d'arriver à un arrangement à l'amiable avant novembre avec les plaignants, et que la Commission déciderait ou non d'aller de l'avant au vu des résultats de ces négociations.
"Nous faisons les premiers pas, et nous sommes très préoccupés par les implications de ces conclusions et sommes en discussions avec les plaignants", a indiqué la porte-parole de GlaxoSmithKline, Vicki Ehrich.
"Nous allons saisir l'opportunité que nous donne la Commission pour discuter du problème plus avant et allons faire cela de toute urgence", a indiqué pour sa part un porte-parole de Boehringer Ingelheim, cité par l'agence Sapa.
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