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OMC-Conférence-médicaments: Au Nigeria, une expérience de vente de médicaments génériques contre le sida

Agence France-Presse - août 28, 2003
Dave Clark
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LAGOS, 28 août (AFP) - Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique qui affronte une recrudescence du sida, a mis en place un programme de distribution de médicaments génériques antirétroviraux qui a eu un faible impact, victime d'une demande trop importante et de services de santé inadaptés.

La conférence de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui se tiendra mi-septembre à Cancun sera déterminante pour la population africaine touchée par le sida, selon des médecins nigérians.

Les pays en voie de développement demande à l'OMC un accès moins coûteux aux médicaments antirétroviraux, condition de survie dans les régions pauvres frappées par la pandémie.

Les multinationales pharmaceutiques affirment que le fait de conserver des droits exclusifs sur leurs découvertes et de percevoir un pourcentage sur chaque dose prescrite permet de financer la recherche future.

"Les compagnies pharmaceutiques doivent au reste du monde une baisse des prix. Ils dépensent davantage en marketing qu'en recherche et développement", assure le docteur Remi Kalejaiye.

Pour M. Kalejaiye, spécialiste du sida exerçant à l'Hôpital militaire de Lagos, les groupes pharmaceutiques réservent leurs produits récents à leur marchés rentables et empêchent le Nigeria et d'autres pays en développement, de produire les siens.

Selon les experts, le Nigeria est actuellement en situation d'urgence avec le risque que la pandémie pèse sur l'économie et mette en danger la stabilité nationale.

La Centrale de renseignement américaine (CIA) a publié l'année dernière un rapport citant le Nigeria (126 millions d'habitants) parmi cinq pays à population dense, comme faisant face à une explosion de la maladie.

Le Conseil de renseignement national a établi dans un rapport que le sida pourrait affecter de 10 à 15 millions de Nigérians d'ici 2010, soit le triple des cas estimés aujourd'hui.

"Le Nigeria et l'Ethiopie seront les plus touchés (...) le sida frappera les élites dirigeantes et commerciales, nuira à la croissance, et découragera les investissements étrangers", a prévenu le rapport.

Quel que soit le résultat des négociations de Cancun, l'expérience limitée des médicaments génériques antirétroviraux au Nigeria démontre la nécessité d'une administration sanitaire plus efficace.

Vingt-cinq centres publics dans le pays délivrent depuis un peu plus d'un an des médicaments génériques antirétroviraux, importés d'Inde à des prix très compétitifs. Mais ils sont aujourd'hui dépassés par la demande.

Environ 8.000 patients sont suivis au Nigeria, sur les 3,5 millions atteints du VIH/sida, selon Omololu Falobi, qui travaille pour l'association Journalistes contre le sida au Nigeria.

Sans le programme gouvernemental, ils seraient encore moins nombreux, les deux-tiers de la population nigériane vivant avec moins d'un dollar par jour selon l'ONU.

Si le Nigeria obtient une réponse positive de la communauté internationale, il pourrait alors importer des antirétroviraux en masse, où même produire ces médicaments.

Dans le cadre du programme gouvernemental, indique M. Falobi, les patients doivent s'acquitter d'une somme de 6.500 nairas (50 dollars) - soit plus que le salaire mensuel moyen au Nigeria - pour un test sanguin initial.

Ils doivent ensuite dépenser 1.000 nairas par mois, une somme hors de portée de la plupart des Nigérians, pour obtenir des antirétroviraux génériques, le gouvernement nigérian finançant les 9.000 nairas (67 dollars) restant.

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