DAR ES SALAAM, 26 août (AFP) - Les chefs d'Etats et de gouvernements d'Afrique australe, réunis en sommet depuis lundi à Dar es-Salaam, ont adopté mardi un plan d'action régional contre le sida, plaçant la lutte contre la pandémie et la pauvreté en tête de leurs priorités.
Les dirigeants des Etats membres de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC - 14 pays) ont aussi signé un pacte de défense mutuelle, formalisant une approche commune des questions de sécurité, et visant à terme à la création d'une force régionale, mobilisable sur des zones de tensions.
"Au cours des derniers jours, nous avons pris d'importantes décisions qui vont avoir un impact sur la vie de nos peuples", a déclaré en clôture du sommet de deux jours le chef de l'Etat tanzanien Benjamin Mkapa, qui a pris pour un an la présidence tournante de la SADC.
M. Mkapa a annoncé l'adoption par l'organisation d'un plan d'action régional 2003-2007 contre le sida, reprenant les principaux engagements d'un sommet spécial sur la pandémie, tenu en juillet dernier au Lesotho.
Le sommet avait dégagé des axes prioritaires communs --accès aux soins, dépistage et traitement, prévention et mobilisation sociale-- et engagé les dirigeants à consacrer au moins 15% de leur budget à l'amélioration des services de santé.
Le programme de la SADC "nous fournit des objectifs mesurables, en fonction desquels nos efforts, nos actions, nos succès, ou l'absence de ceux-ci, seront mesurés", a déclaré M. Mkapa, sans toutefois entrer dans le détail des objectifs ciblés.
Le programme "nous lance un défi que nous avons l'obligation de relever, afin de répondre aux besoins de nos populations, chaque jour décimées par la pandémie mortelle", a ajouté le président tanzanien.
Le sida et la pauvreté ont occupé l'essentiel des débats à huis clos du sommet, a indiqué M. Mkapa, rappelant qu'"environ 60 millions de nos habitants (sur 200 millions, NDLR), soit 30% de nos populations, vivent en-dessous du seuil de pauvreté internationalement reconnu".
Par ailleurs, la signature d'un pacte de défense par les membres de la SADC intervient dans un contexte de stabilisation de la région (paix en Angola depuis 2002, transition en République démocratique du Congo).
Il répond à la volonté croissante des pays africains de s'organiser "régionalement, continentalement" pour pouvoir intervenir, rapidement et sans aide extérieure, sur des conflits, des zones de tensions, ou réagir à une menace terroriste, a expliqué un officiel sud-africain.
Le pacte de défense stipule qu'aucun pays de la SADC ne sera forcé à contribuer à une force ou une opération régionale, mais que chacun devra répondre "en fonction de ses capacités", a souligné cet officiel.
Les participants au sommet de la SADC ont renouvelé mardi leur soutien au Zimbabwe du président Robert Mugabe, et appelé à la levée immédiate des sanctions contre Harare, imposées après les violences et atteintes aux droits de l'Homme ayant marqué la réforme agraire depuis trois ans, et l'élection présidentielle en 2002 dans ce pays.
"Le sommet a appelé l'Union européenne, les Etats-Unis et le Commonwealth à lever les sanctions et engager un dialogue constructif avec le Zimbabwe (...) Ces sanctions affectent les Zimbabwéens ordinaires, et ont aussi des conséquences économiques et sociales profondes sur la région dans son ensemble", indique le communiqué final du sommet.
Le président Mkapa, s'adressant à la presse après le sommet, a ajouté que la SADC "encouragerait les acteurs politiques au Zimbabwe à continuer de dialoguer", en référence aux esquisses de reprises du dialogue entre la ZANU-PF de Mugabe et l'opposition.
La SADC regroupe l'Angola, le Botswana, la RDCongo, le Lesotho, le Malawi, l'île Maurice, le Mozambique, la Namibie, les Seychelles, l'Afrique du Sud, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.
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