KAMPALA, 13 août (AFP) - L'organisation américaine de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch (HRW), a accusé mercredi le gouvernement ougandais de ne pas avoir protégé les femmes contre les violences familiales et la discrimination, ce qui les rend très vulnérables face au sida.
"De nombreux gouvernements de pays subsahariens ne luttent pas suffisamment contre les violences familiales", a déclaré Lisa Karanja, chercheuse et responsable de HRW lors d'une conférence de presse réunie pour la publication d'un rapport sur les violences familiales à Kampala, la capitale ougandaise.
"Nous avons établi que les femmes ne pouvaient pas se protéger du sida parce qu'elles ne peuvent pas décider de l'usage du préservatif", a ajouté Mme Karanja.
Le rapport de 77 pages, intitulé "Meurt en silence: la violence familiale et la vulnérabilité des femmes devant le sida en Ouganda", fait état des violences perpétrées contre les femmes par leurs maris dans ce pays où aucune loi spécifique contre la violence familiale n'a été instaurée et où le viol d'une épouse n'est pas considéré comme un crime.
L'organisation américaine relève que 41% des femmes ougandaises subissent des violences conjugales.
"Quelque succès que peut obtenir l'Ouganda dans sa lutte contre le sida, il ne sera pas acquis tant que ce problème ne sera pas réglé", avertit le rapport.
Mme Karanja a révélé que beaucoup de femmes craignaient d'avoir accès aux informations sur le sida, aux tests et aux traitements par peur des réactions violentes de leurs époux.
Un policier, cité dans le rapport, indique que les plaintes pour violences domestiques sont passées de 495 en 2001 à 1.009 en 2002.
Le taux de contamination du sida est passé de 32% dans les années 1990 à 6,1% actuellement.
Une jeune femme de 35 ans, à Tororo (est), marié à un malade du sida, a indiqué à l'organisation HRW, que du vivant de son mari elle n'avait fait aucun test, craignant qu'il la répudie.
L'organisation a demandé au gouvernement de mettre en place une législation contre la violence domestique et de faire de la santé des femmes, de leur intégrité physique et d'une égalité des droits dans le mariage, le centre de sa lutte contre le sida.
Elle a également demandé au Fonds mondial de lutte contre le sida, au gouvernement américain, à la Banque mondiale et d'autres donateurs de s'assurer que la lutte contre le sida est associée à un programme de lutte contre la violence domestique, y compris la violence sexuelle dans le mariage.
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