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Afsud-Sida-ministre-politique: Un plan anti-sida accueilli avec joie, mais difficile à appliquer

Agence France-Presse - août 10, 2003
René Flipo
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JOHANNESBURG, 10 août (AFP) - Le plan anti-sida annoncé par le gouvernement sud-africain n'a cessé ce week-end de recevoir les éloges de toutes les couches de la population, mais la ministre de la santé a déjà soulevé une série de difficultés pour son application dans un pays ou près de 1.000 personnes succombent chaque jour à la pandémie.

"Je ne puis pas dire que le plan soit chose faite (...) car il dépend d'un certain nombre de questions devant encore être résolues", a indiqué la ministre, citée par la presse dominicale de Johannesburg.

Une haute personnalité de l'opposition, Bantu Holomisa, ancien membre du Congrès national africain (ANC), proche de Nelson Mandela et chef du Mouvement Uni démocratique (UDM), a estimé dimanche dans les pages du quotidien du Cap, City Press, que "malgré l'engagement du gouvernement", il doutait que "celui-ci soit capable de mettre en place le dispositif nécessaire pour fin septembre, et même pour le mois d'octobre".

Parmi les difficultés d'application énoncées par la ministre de la Santé (bien de la Santé) figure la conformité du plan à la Constitution. En effet, a-t-elle souligné dans le journal dominical Sunday Independant, le dispositif doit, selon la constitution, "rendre le traitement accessible à toutes les couches de la population".

Les spécialistes du sida font remarquer que la principale difficulté sera de rendre le traitement disponible dans les zones rurales, où la population est la plus atteinte, mais où manquent les infrastructures nécessaires, à la différence des zones urbaines.

"Si les ressources nécessaires sont utilisées pour les hôpitaux des villes déjà bien équipés, plus de vies seront sauvées, mais les malades des zones rurales seront alors négligés, et il s'agira d'un choix cruel", a commenté Swazi Hlubi, Directeur du Network of AIDS Communities.

Dans son commentaire de dimanche, le dirigeant de l'UDM a demandé la démission de la ministre de la Santé qu'il accuse d'avoir perdu du temps dans la mise au point d'une politique contre le sida.

"Malheureusement, si le Dr Tshabalala-Msimang est chargée de ce programme, il n'y a que peu de chances qu'il réussisse (...) elle personnifie l'échec de la politique du gouvernement en matière de sida et une nouvelle personnalité est nécessaire pour faire aboutir le plan à bonne fin", a-t-il affirmé.

Le chef de l'UDM demande au président Thabo Mbeki et à Mme Manto Tshabalala-Msimang de "présenter leurs excuses à la nation pour avoir exercé des jugements erronés".

Mme Tshabalala-Msimang, médecin de formation, a pendant des années refusé de reconnaître l'efficacité des anti-rétroviraux, allant jusqu'à dire qu'ils étaient du "poison" et recommandant plutôt aux malades une décoction à base d'ail, d'oignon et d'huile d'olive pour combattre le sida.

Le présdient Mbeki lui-même avait mis publiquement en doute les relations de cause à effet entre virus VIH et Sida, expliquant qu'"un virus ne peut pas provoquer un syndrome" et que le sida pouvait avoir d'autres origines.

"Il est regrettable qu'il ait fallu si longtemps au gouvernement pour qu'il réagisse positivement", a déclaré le porte-parole pour les affaires de santé du parti d'opposition de l'Alliance Démocratique, Mike Waters, critiquant le "cynisme" du gouvernement qui a laissé jusqu'à présent, par manque de décision, "mille personnes mourir chaque jour".

"Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas fait quelque chose avant ? Peut-être que les choses vont maintenant changer, mais j'en doute fort", a commenté dimanche pour l'AFP Monica Ledwaba, femme de ménage au Cap.

Pour Solomon Mkhize, garde de sécurité au Cap, qui assure être fidèle en mariage et donc ne pas être préoccupé par le sida, "le gouvernement se livre bien évidemment à des jeux politiques".

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