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Afsud-Sida-ministre-politique: Appels à la démission et à la comparution en justice de la ministre de la Santé

Agence France-Presse - août 10, 2003
Stuart Graham
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LE CAP (Afrique du sud), 10 août (AFP) - Les appels se sont mutipliés dimanche pour la démission de la ministre sud-africaine de la Santé, Mme Manto Tshabalala-Msimang, un parti d'opposition demandant même sa comparution devant la Commission des droits de l'Homme, après l'annonce vendredi d'un plan gouvernemental d'action pour lutter contre le sida.

"Elle (Tshabalala-Msimang) est responsable de la mort de milliers de Sud-africains", a déclaré à l'AFP, depuis le Canada où elle se trouve en visite, Patricia de Lille, chef du parti des Démocrates indépendants.

"(La ministre) Tshabalala-Msimang ne doit pas seulement démissionner, mais elle doit être jugée par la Commission des droits de l'Homme pour violation des droits de l'Homme en raison de ses refus répétés et entêtés de mettre en place un plan d'action pour venir en aide aux victimes du sida"', a-t-elle ajouté.

Un appel à la démission de la ministre avait déjà été lancé dimanche par une haute personnalité de l'opposition, Bantu Holomisa, ancien membre du Congrès national africain (ANC), proche de Nelson Mandela et chef du Mouvement Uni démocratique (UDM).

M. Holomisa avait aussi demandé que le président Thabo Mbeki et Mme Manto Tshabalala-Msimang, médecin de formation, présentent publiquement "des excuses à la nation pour avoir exercé des jugements erronés".

Avant la décision gouvernementale de vendredi, le président Mbeki avait à plusieurs reprises nié l'existence d'un lien direct entre le virus VIH et le sida et la ministre de la santé avait affirmé que les anti-rétroviraux étaient un "poison" pouvant "tuer notre peuple".

Le parti de l'Alliance démocratique (DA) a aussi ajouté sa voix dimanche à celles de Bantu Holomisa et de Patricia de Lille, demandant le départ de la ministre en affirmant, par la voix de son porte-parole, Mike Waters, qu'elle n'était "pas la meilleure personne pout mettre en oeuvre un plan de distribution des anti-rétroviraux".

Mike Waters a estimé que Thabo Mbeki devait "nommer quelqu'un d'autre pour prendre la tête de cette initiative", rappelant que l'actuelle ministre de la Santé avait "de manière constante manifesté son opposition à l'usage des anti-rétroviraux et toujours cherché des raisons ou des excuses pour aller à l'encontre des décisions de justice ou des preuves scientifiques" en leur faveur.

"Elle a presque réduit notre système de santé tout entier à néant", a ajouté MiKe Waters "et si le Dr Tshabalala-Msimang est en charge du programme, nous ne pouvons pas nourrir beaucoup d'espoirs sur ses chances de réussite".

Le gouvernement sud-africain avait annoncé vendredi soir, à l'issue d'un Conseil des ministres extraordinaire, qu'instruction avait été donnée au ministère de la Santé pour élaborer de "manière urgente" et d'ici fin septembre, un plan d'action pour rendre les traitements par anti-rétroviraux accessibles aux personnes infectées par le VIH en Afrique du sud ou ayant développé la maladie.

Près de 1.000 personnes meurent chaque jour de la pandémie dans le pays et 5 millions de personnes sur une population de 45 millions d'habitants sont soit contaminées, soit à un stade avancé de la maladie.

A l'issue du conseil des ministres extraordinaire de vendredi, Mme Manto Tshabalala-Msimang avait affirmé avoir approuvé la décision du cabinet. "En tant que ministre de la Santé, je fais partie du cabinet et il s'agit donc d'une décision collective dont tous les ministres sont partie prenante", avait-elle indiqué.

Mais au cours du week-end, la ministre de la Santé a souligné que le plan "n'est pas chose faite", énumérant toute une série d'obstacles pour son application.

Une liste de ces problèmes doit être envoyée à la Fondation Clinton sur l'initiative pour le sida qui est appelée à travailler à l'élaboration du plan avec des experts sud-africains, a indiqué la ministre.

Parmi les obstacles prévisibles, Mme Manto Tshabalala-Msimang s'est interrogée sur la conformité d'un tel plan avec la constitution sud-africaine qui requiert que les possiblités d'accès aux traitements soient les mêmes pour tout le monde.

Or les zones rurales, où l'incidence de la maladie est la plus élévée, ne disposent pas des infrastructures nécessaires à l'administration des anti-rétroviraux, alors que les zones urbaines sont déjà bien équipées en hôpitaux pouvant administrer les traitements.

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