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Afsud-Sida-Politique: L'annonce d'un plan de lutte contre le sida bien accueillie, mais avec prudence

Agence France-Presse - août 9, 2003

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JOHANNESBURG, 9 août (AFP) - Plusieurs personnalités, militants et analystes ont accueilli favorablement samedi une annonce par le gouvernement sud-africain de l'étude d'un plan d'action contre le sida, mais nourrissent un certain scepticisme sur ses modalités d'application quand il aura été élaboré.

La Campagne d'action pour le traitement (TAC), qui regroupe plusieurs organisations de militants, a bien accueilli l'annonce du gouvernement, soulignant que, "s'il (le plan) est bien appliqué, il redonnera espoir, dignité et vie à des millions de personnes dans notre pays, et espoir aussi sur le continent".

La décision du gouvernement a été prise vendredi après-midi lors d'un conseil des ministres extraordinaire où il a été demandé au ministère de la Santé d'élaborer d'ici fin septembre un plan d'action pour permettre aux malades du sida d'accéder aux médicaments anti-rétroviraux.

Le sida tue chaque jour en Afrique du Sud près de 1.000 personnes et a infecté environ 5 millions de personnes sur une population de 45 millions d'habitants.

Des spécialistes de la Fondation Clinton, créée par l'ancien président américain Bill Clinton pour lutter contre la maladie, seront appelés à travailler à l'élaboration du plan aux côtés d'experts sud-africains, a indiqué vendredi le gouvernement.

Le gouvernement reconnaît dans sa décision que les anti-rétroviraux "aident à améliorer la qualité de vie de ceux qui ont atteint un certain stade de développement de la maladie", mais souligne que "ceux qui sont infectés (par le VIH) mais n'ont pas encore développé la maladie à un stade avancé peuvent mener une vie normale grâce à une bonne nutrition, des styles de vie sains et le traitement des maladies opportunistes".

"En d'autres termes, explique le gouvernement dans son communiqué, ce n'est pas tous ceux qui sont infectés par le virus HIV qui auront besoin de traitements anti-rétroviraux".

Le rapport prévoit des dépenses annuelles allant de 74 à 102 millions de dollars pour permettre une action efficace contre le sida.

Il estime aussi que la pandémie du sida est "en voie de stabilisation" en Afrique du Sud, avec un degré d'infections en net recul parmi les jeunes générations.

Pour le professeur Udo Schuklenk, spécialiste des problèmes éthiques en matière de sida à l'université de Witwatersrand, "il semble que la raison l'ait enfin emporté au sein du cabinet". Mais il a mis en garde contre un excès d'optimisme, prévoyant "de nouvelles manoeuvres dilatoires de la part du gouvernement au cours des prochains mois".

Udo Schuklenk faisait allusion à des séries d'action en justice ces derniers mois du gouvernement pour retarder l'administration des anti-rétroviraux, en particulier de la Nevirapine, qui réduit les risques de transmission de la mère à l'enfant, et à la négation publique et répétée par Thabo Mbeki et la ministre de la Santé, Manto Tshabalala-Msimang, d'un lien direct entre virus VIH et sida.

"Il semble que l'avis de certains membres du conseil des ministres ait prévalu sur ceux du président et de la ministre de la Santé dont je me méfie beaucoup", a commenté Udo Schuklenk.

Pour Swazi Hlubi, directeur de Network of AIDS Communities of South Africa, "nous sommes bien évidemment satisfaits" de la décision du gouvernement, "mais nos espoirs ont été soulevés puis déçus tant de fois dans le passé que nous attendons de voir les traitements vraiment devenir réalité".

Le gouvernement a été soumis la semaine dernière à de très intenses pressions de la part des experts sud-africains et internationaux, ainsi que des organisations de militants, de la presse et de l'église, à l'occasion de la conférence annuelle nationale sur le sida qui s'est tenue à Durban.

Certains critiques ont qualifié les atermoiements du gouvernement de "démence", eu égard à la gravité de la situation, et la TAC a annoncé une action en justice contre le gouvernement qu'il a accusé d' "acte de génocide" en "laissant les gens mourir" du sida sans lancer un plan national de prévention et de traitement.

Avant la décision de vendredi, le gouvernement avait déjà proposé un plan d'action national gouvernemental de prévention et de traitement du sida, mais celui-ci restait en discussion au niveau gouvernemental depuis plusieurs mois sans recevoir d'approbation.

Un argument avancé par certains analystes au cours de la conférence de Durban, et qui a pu être pris en considération par le gouvernement, est qu'en refusant les traitements anti-rétroviraux aux malades du sida, le parti du Congrès national africain (ANC) au pouvoir risquait de s'aliéner, pour les prochaines élections de 2004, une grande partie de l'électorat, soit les 5 millions de personnes infectées ou malades, et tous ceux --familles, parents et amis-- qui gravitent autour d'elles.

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