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Afsud-sida-conférence: Malgré les pressions, Pretoria ne prévoit pas de plan national de lutte contre le sida

Agence France-Presse - août 6, 2003
Fienie Grobler
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DURBAN (Afrique du Sud), 6 août (AFP) - Le gouvernement de Pretoria n'a pas cédé aux pressions cette semaine à Durban (est), où se tenait la conférence annuelle sud-africaine sur le sida, pour lancer un plan national d'action contre le sida, qui tue dans le pays près de 1.000 personnes par jour.

Pour une analyste, les autorités de Pretoria n'annonceront vraisemblablement pas de plan de prévention et de traitement de la maladie malgré les prochaines élections générales de juin 2004, ignorant ainsi l'opinion de la génération grandissante des malades du sida qui seront appelés aux urnes.

Activistes, presse, église et même certains responsables gouvernementaux ont ouvertement critiqué cette semaine à Durban - où s'est conclue mercredi la conférence sur le sida - la politique du gouvernement remettant en question l'efficacité de la Nevirapine, qui réduit pourtant les risques de transmission du virus VIH de la mère à l'enfant.

Pour l'archevêque anglican du Cap (sud-ouest), Njongonkulu Ndungane, la position du gouvernement sur le sida est "aussi honteuse" que l'ancienne politique d'apartheid, qui a pendant des années placé l'Afrique du Sud au ban des nations.

Le grand quotidien de langue afrikaans Die Burger, lui, n'a pas hésité mercredi à qualifier la position du gouvernement de "démente".

La Campagne d'action pour le traitement (TAC), qui regroupe des organisations privées et non-gouvernementales, a de son côté annoncé une action en justice, allant jusqu'à qualifier les effets de la politique gouvernementale de "crime contre l'humanité", et a annoncé une campagne nationale de désobéissance civile.

"Je pense sans aucun doute que la pression monte", a déclaré à l'AFP Susan Booysen, analyste auprès de l'université de Port Elizabeth dans la province du Cap oriental. "Mais l'ANC (Parti du congrès national africain, au pouvoir) ne semble pas prendre suffisamment en considération l'importance de la génération montante des électeurs affectés par le sida", a-t-elle ajouté.

"Cela pas seulement en termes de nombre de personnes qui souffrent de la maladie, mais aussi de celui de parents et de proches de ceux qui sont atteints par le sida. Il s'agit d'une génération importante d'électeurs et je n'ai aucune indication jusqu'à présent que l'ANC ait conscience de cela", a ajouté Susan Booysen. "Ils (le gouvernement) pense qu'il s'agit d'un pur problème de politique, et non d'un problème électoral", a-t-elle estimé.

En ouvrant la conférence de Durban dimanche, le vice-président Jacob Zuma avait indiqué que le gouvernement était "à l'oeuvre" pour faire face à la pandémie et que des accords internationaux étaient en cours de préparation pour dispenser des médicaments aux personnes infectées. Mais il n'a fourni ni détail ni délai.

La ministre de la Santé, Manto Tshabalala-Msimang, a quant à elle expliqué aux quelque 4.000 délégués présents que donner des anti-rétroviraux n'était pas "comme donner des cachets d'aspirine", et que l'administration devait tenir compte "sobrement de toute une série de facteurs".

Le juge Edwin Cameron, juge de la Cour Suprême et lui-même séropositif, a estimé que "des délais bien définis doivent être fixés dans le temps" pour le lancement d'une campagne de traitement.

Pour une activiste de la TAC, c'est "une action immédiate" qui est attendue du gouvernement. "Ce n'est pas un jeu politique: nous souffrons, nous sommes en colère, nous voulons accéder au traitement dès maintenant", a déclaré Prudence Mabele devant les délégués.

Se référant à la prochaine échéance électorale, Prudence Mabele a estimé: "Le gouvernement procurera sans doute les médicaments contre le sida avant les prochaines élections, mais en attendant les gens meurent".

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