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Afsud-Sida-Conférence-Clotûre: Clôture de la conférence sur le sida déchirée par une polémique sur la Nevirapine

Agence France-Presse - août 6, 2003
Stuart Graham
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DURBAN (Afrique du sud), 6 août (AFP) - La conférence sud-africaine sur le sida a clos ses travaux mercredi après-midi sur la supplique d'une jeune femme séropositive pour accéder à la Nevirapine, un anti-rétroviral toujours proscrit en Afrique du sud qui pourrait lui permettre d'avoir un enfant sans lui transmettre le virus VIH.

"J'ai décidé en 1994 de ne pas avoir d'enfant, parce qu'alors nous n'avions pas de choix, mais maintenant, grâce aux scientifiques et aux chercheurs, la Nevirapine existe", a déclaré Prudence Mabele aux 4.000 participants de la conférence qui a tenu ses travaux pendant 4 jours à Durban (est).

La conférence a été dominée par la polémique autour de cet anti-rétroviral réduisant les risques de transmission du VIH de la mère à l'enfant, agrée par les Nations unies mais dont le Conseil gouvernemental sud-africain de contrôle des médicaments (CCM) vient de suspendre l'autorisation pour faute de preuves suffisantes sur son efficacité.

"Il s'agit d'un problème de réglementations, nous ne l'approuverons qu'au vu de certaines données", a expliqué mercredi une responsable sud-africaine.

"Il n'y a plus de temps à perdre. Le gouvernement procurera sans doute les médicaments contre le sida avant les prochaines élections (2004), mais en attendant les gens meurent (...) Agissons maintenant, il ne s'agit pas d'un jeu politique, nous souffrons, nous sommes en colère, nous voulons avoir accès au traitement dès maintenant", a martelé Prudence Mabele, au bord des larmes, faisant se lever l'assistance toute entière qui l'a longuement applaudie.

Le Dr. Catherine Wilfert, docteur auprès de la fondation Elizabeth Glazer Pediatric AIDS, a ensuite pris la parole pour souligner que les études menées jusqu'à présent sur la Nevirapine dans le monde avaient toutes "prouvé son efficacité", y compris une étude de 14 à 16 semaines conduite en Ouganda mais dont l'Afrique du sud rejette les conclusions pour "vice de forme".

L'étude ougandaise démontre que la prise d'une seule dose de Nevirapine par une femme enceinte réduit les chances de transmission du virus de 47%, a-t-elle expliqué, ajoutant: "Autant de bébés séropositifs naissent en Afrique chaque jour qu'en un an aux Etats-Unis -entre 1.800 et 2.000-. Il s'agit d'une crise majeure".

La réticence du gouvernement sud-africain à lancer un plan d'action national pour la prévention et le traitement du sida a envenimé les débats de Durban, activistes, experts, presse et église se liguant pour dénoncer la "folie" des autorités face à la crise.

Pour l'archevêque anglican du Cap (sud-ouest), Njongonkulu Ndungane, la position du gouvernement en la matière est "aussi honteuse" que l'ancienne politique d'apartheid qui a pendant des années placé l'Afrique du sud au ban des nations.

Le grand quotidien de langue afrikaans Die Burger, quant à lui, a dénoncé à la une mercredi, sous la plume de son directeur, la "démence" du gouvernement.

Les participants à la conférence ont averti qu'en l'absence d'anti-rétroviraux adéquats, l'Afrique sud-saharienne compterait 20 millions d'orphelins du sida d'içi 2010.

Fareed Abdullah, Directeur général des services de santé pour la province du Cap occidental, a estimé que l'Afrique du sud se dirigeait vers une "catastrophe majeure", avec la mort pour cause de sida de 5 millions de personnes en 10 ans, si ses priorités budgétaires n'étaient pas révisées de toute urgence pour combattre la pandémie.

Près de 1.000 personnes meurent chaque jour en Afrique du sud en raison du sida, selon des statistiques des Nations unies datant de 2001, et 5 millions de ses habitants -sur une population de 44 millions- étaient la même année, soit infectés par le VIH soit à un stade avancé de la maladie.

Il n'existe en Afrique du sud aucun plan national de traitement, les anti-rétroviraux demeurent hors de la portée financière de la très grande majorité de la populaion, et seules quelques grandes compagnies privées fournissent gratuitement des anti-rétroviraux à leurs employés infectés.

Un haut responsable du ministère de la santé, interrogé mercredi sur une radio sud-africaine, a indiqué qu'un plan d'action national, toujours à l'étude, ne pourrait être approuvé "avant que tous les aspects du traitement soient pris en considération", tant pour l'efficacité que pour les effets secondaires.

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